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Béziers : des syndicats agricoles appellent les viticulteurs à manifester ce samedi

Principalement venus d’Occitanie, des milliers de vignerons pourraient participer à la mobilisation pour dénoncer le manque de soutien politique à la filière.

(Claude Clin/Hans Lucas. AFP)
Publié le 14/11/2025 à 16h34

Plusieurs milliers de viticulteurs sont attendus à Béziers ce samedi pour une manifestation à l’appel de plusieurs organisations professionnelles dont la FDSEA, les Jeunes Agriculteurs et la Coordination rurale. Les organisations portent une vingtaine de revendications communes, comme «la lutte contre les prix du vin abusivement bas pratiqués par les négociants et la grande distribution», la «simplification» des contraintes administratives, l’accès à l’eau ou encore à l’assouplissement de la loi interdisant la publicité pour le vin. L’Occitanie, qui est en superficie le premier vignoble national, a également été touchée par des incendies d’une violence exceptionnelle, qui ont ravagé 17 000 hectares de terres au mois d’août. Elle «subit de plein fouet le changement climatique : sécheresses à répétition et déficit hydrique font chuter les rendements de 30% à 40%. Nos viticulteurs ont des revenus parmi les plus bas du pays», souligne le président de la Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie, Denis Carretier.

A l’échelle mondiale, la production pour l’année en cours est en légère croissance (+3%) par rapport à 2024. Mais en France, la mobilisation intervient alors que les vendanges sont en baisse pour la deuxième année consécutive, directement affectées par les conséquences du réchauffement climatique. Avec 36,2 millions d’hectolitres attendus en cette fin de saison, la France s’attend à une diminution de 16 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, selon les dernières estimations de la Statistique publique de l’agriculture, de l’alimentation, de la forêt et de la pêche (l’Agreste), publiées début novembre. Identique à celui de 2024, ce niveau frôle les records de 2017 et 2021, et s’explique notamment par les canicules et les sécheresses du mois d’août qui, dans de nombreuses régions viticoles du territoire, ont accéléré la maturité des raisins tout en bloquant leur croissance.

Dans le Languedoc-Roussillon, on attend une baisse de production de 18% par rapport à la moyenne 2020-2024, qui s’explique aussi par un arrachage d’environ 10 000 hectares de vigne durant l’année écoulée. En plus du contexte climatique, c’est le contexte économique et commercial qui inquiète : «L’énergie, le gasoil, les intrants, tout cela a explosé et le prix du vin a stagné. Dès qu’on se lève le matin, on perd de l’argent, sans même aller travailler», explique à l’AFP Fabien Mariscal, 38 ans, qui exploite 45 hectares de vignes dans les Corbières (Aude). «On ne sent pas une volonté politique de mettre en avant le vin, de répondre aux attaques de Trump, de nous aider à retourner sur le marché chinois, de mettre en place un écosystème favorable à l’économie et à l’humain», déplore de son côté Ludovic Roux, président de la Chambre d’agriculture de l’Aude.

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