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Reportage

Dermatose : derrière les vaches tuées, «le travail de plusieurs vies»

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Depuis lundi et la déclaration d’un premier cas dans l’exploitation de Rumilly en Haute-Savoie, un blocus était en place pour empêcher la venue des vétérinaires et l’abattage du troupeau. Mais face à la pression et à de nouveaux cas recensés jeudi, les propriétaires se sont résignés.

A Entrelacs (Savoie), le 10 juillet. (Jeff Pachoud /AFP)
ParSascha Garcia
envoyé spécial à Rumilly (Haute-Savoie)
Publié le 18/07/2025 à 20h41

La nuit dernière, un veau est né. Le petit bovin à la robe brune claire tient tout juste sur ses pattes et paît sereinement au côté de sa mère tachetée de blanc, sous un ciel ensoleillé. En temps normal, la dizaine d’éleveurs qui campe depuis cinq jours sur la ferme de la Mésange bleue, sur les hauteurs de Rumilly (Haute-Savoie), se seraient réjouis de l’événement. Mais face à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui frappe la région, la nouvelle démoralise encore plus les apprentis militants. Fanny Métrat, éleveuse de brebis venue d’Ardèche et porte-parole de la Confédération paysanne, le regarde au loin : «Il va y passer, comme sa mère. Le symbole d’une vie détruite pour rien.»

Si le terrain des propriétaires de la ferme, Laurence Lacrouts-Cazenave et André Roupioz – qui n’ont pas souhaité s’exprimer –, est occupé depuis cinq jours, c’est à cause de la DNC. Cette maladie extrêmement virale chez les vaches a été détectée pour la première fois sur le sol français le 29 juin et concerne 27 foyers dans 17 élevages différents, tous en Savoie et Haute-S

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