Des chiffres records qui expliquent les rayons dégarnis depuis plusieurs mois, et les difficultés à pouvoir faire correctement les crêpes de la Chandeleur. En 2025, chaque Français a consommé en moyenne 237 œufs, contre 227 en 2024, a indiqué l’interprofession des œufs (Comité national pour la promotion de l’œuf, CNPO) dans un bilan annuel publié jeudi 12 février. Un chiffre qui atteint un nouveau sommet. En 2035, la consommation pourrait même passer à 269 œufs par an et par personne, anticipe la filière.
Toutefois, la production peine à suivre le rythme, provoquant des pénuries à travers tout l’Hexagone. De quoi donc susciter des vocations pour construire des poulaillers, se félicite le CNPO. Ce dernier a ainsi annoncé jeudi de nouveaux objectifs de construction de poulaillers pour répondre à cette demande : 575 nouveaux bâtiments d’ici 10 ans. L’année dernière, l’interprofession avait annoncé un objectif de 300 nouveaux poulaillers d’ici 2030.
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En 2026, 40 nouveaux poulaillers seront ainsi installés, soit 1,25 million de poules et 375 millions d’œufs, une poule pondant un peu moins d’un œuf par jour en moyenne, annonce la filière. «Les tensions d’approvisionnement vont disparaître assez rapidement», a déclaré lors d’une conférence de presse le président du CNPO, Yves-Marie Beaudet, qui a toujours été prudent avec le terme «pénurie».
40 nouveaux poulaillers en 2026
Quelque 220 projets de construction sont en cours d’examen mais la filière dénonce la «lourdeur administrative» et les révisions d’une directive européenne fixant les seuils d’autorisation environnementale pour les nouveaux bâtiments mais aussi les seuils de rejets d’ammoniacs polluants.
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En 2025, 18 bâtiments ont été construits, soit un potentiel de 200 millions d’œufs supplémentaires par an. Des nouvelles structures qui n’ont toutefois pas su compenser la hausse de la consommation, qui nécessite 300 millions d’œufs supplémentaires rien que dans les magasins, estime la profession. Les consommateurs privilégient les œufs français, quand l’industrie alimentaire et la restauration ont plus recours à l’importation pour compenser le manque d’approvisionnement.
Les éleveurs ont été contraints de garder plus longtemps des poules malgré une baisse de leur rendement à partir d’un certain âge. D’autres ont retardé l’abandon de leurs cages. La filière maintient toutefois son objectif d’avoir 90 % de la production française hors cage d’ici 2030 contre 77 % en 2025.




