Les représentants de l’Etat saisissent la justice après des dégradations commises par des agriculteurs. Les préfets du Tarn et du Tarn-et-Garonne ont fait savoir ce mercredi 31 décembre qu’ils allaient déposer plainte en raison de dégradations causées en marge des mobilisations contre la gestion de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Le préfet du Tarn, Simon Bertoux, va déposer plainte en raison de dégradations occasionnées sur la RN88 à proximité d’Albi. A l’appel de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne, des agriculteurs ont occupé du 12 au 24 décembre la chaussée de cet axe majeur de circulation bordant la préfecture du Tarn. A leur départ, ils ont laissé sur les voies de circulation «des volumes considérables de déchets», nécessitant des opérations de remise en état qui ont débuté le 26 décembre.
«Ca risque d’être puissance dix»
Une partie des déchets laissée sur place ont donné lieu à une opération de désamiantage réalisée mardi pour un coût de 38 000 euros, a détaillé la préfecture. Mardi soir, la circulation a pu être rétablie dans le sens Rodez-Toulouse et mercredi dans l’autre sens.
Cette plainte risque de ne pas apaiser les tensions entre les autorités et les manifestants. Auprès de la Dépêche du Midi, le président de la chambre d’agriculture du Tarn, Sébastien Bruyère, réagit en contestant toute volonté de polluer et en mettant en garde le préfet : «S’il maintient l’abattage total, qui plus est dans un département comme ici qui sera bientôt totalement vacciné, ce qui s’est passé sur la rocade, ça risque d’être puissance dix.»
De son côté, le préfet du Tarn-et-Garonne, Vincent Roberti, porte plainte à la suite de dégradations survenues à l’entrée de la sous-préfecture de Castelsarrasin le 14 décembre, sur un grand portail en bois historique détruit et enfoncé par un tracteur, ainsi que sur un portail de la Direction départementale des territoires (DDT) de Montauban le lendemain, selon la préfecture de ce département. Le coût de l’ensemble des manifestations survenues dans le Tarn-et-Garonne ces dernières semaines est évalué à 185 000 euros (déversements, nettoyage, traitement, avec notamment du glyphosate et de l’amiante dans les déchets), d’après cette préfecture.
«Maintenir la pression» sur le gouvernement
Au matin de la dernière journée de l’année 2025, des blocages d’agriculteurs sont toujours en cours sur l’A64 à Carbonne (Haute-Garonne) et sur l’A75 en Lozère, selon la gendarmerie.
Dans l’Aveyron, la Coordination a levé mardi son blocage sur l’A75, disant attendre les rendez-vous entre les syndicats agricoles et le gouvernement prévus en début de semaine prochaine pour savoir quelle suite donner au mouvement. En Haute-Garonne, l’intersyndicale a mené un blocage temporaire sur l’A64 mardi et compte «maintenir la pression» sur le gouvernement. Une manifestation est en outre prévue samedi dans les rues de Toulouse.
Reportage
Le ministère de l’Agriculture indique par ailleurs que l’ensemble du cheptel bovin sera vacciné avant le 1er janvier 2026 en Ariège, le département où l’abattage de 207 vaches dans une exploitation du village de Bordes-sur-Arize, en raison d’un cas de DNC, a lancé la mobilisation et les blocages dans le Sud-Ouest, à l’appel notamment de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne mais aussi plus localement de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs.
Dans les dix départements du Sud-Ouest, «61,8 % du cheptel», soit un total de 439 715 bovins, a été vacciné, selon un bilan du ministère, actualisé au 30 décembre.




