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Colère des agriculteurs

Blindés à Rungis, «15 000» membres des forces de l’ordre mobilisés ce lundi… Darmanin prévoit «un dispositif défensif important» pour éviter un siège de Paris

Après avoir réuni les responsables de la police et de la gendarmerie, ainsi que le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur a présidé, ce dimanche 28 janvier, une réunion interministérielle de crise. Plusieurs endroits stratégiques, comme le marché de Rungis et les aéroports, seront surveillés.

A Rungis, dans la nuit de dimanche à lundi. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 28/01/2024 à 15h46, mis à jour le 28/01/2024 à 19h33

«Les choses se passeront du mieux possible», a assené le ministre de l’Intérieur ce dimanche 28 janvier au soir à la sortie d’une réunion interministérielle de crise, à laquelle participait le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau. Gérald Darmanin a néanmoins décrété le branle-bas de combat en déployant «15 000» membres des forces de l’ordre sur le terrain ce lundi pour éviter un siège des agriculteurs à Paris. Plus tôt dans la journée, il avait réuni les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie, ainsi que le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez. Darmanin leur a alors demandé de mettre en place «un dispositif défensif important afin d’empêcher tout blocage» de plusieurs endroits stratégiques en Ile-de-France, dont le marché de Rungis et les aéroports franciliens.

Le ministre a aussi donné l’ordre «d’interdire toute entrée [des manifestants] dans Paris», a annoncé Beauvau. Et pour cause, la Coordination rurale a annoncé samedi vouloir «bloquer Rungis», tandis que la FNSEA et Jeunes agriculteurs (JA) du grand bassin parisien ont annoncé un «siège de la capitale pour une durée indéterminée» à partir de lundi 14 heures.

Ce dimanche soir, la préfecture de police a diffusé sur X (anciennement Twitter) un communiqué pour avertir «des difficultés de circulation» à «prévoir demain en Ile-de-France». En conséquence, le préfet de police «recommande aux Franciliens de privilégier les transports en commun pour leurs déplacements».

Nouvel appel à la «modération»

Gérald Darmanin, qui a pu sembler particulièrement clément vis-à-vis des agriculteurs depuis le début du mouvement, a néanmoins renouvelé sa demande de «modération» de la part des forces de l’ordre. Ainsi il n’y aura «pas d’intervention sur les points de blocage mais une sécurisation» effectuée par les agents, a affirmé le ministre de l’Intérieur ce dimanche soir. «La posture reste la même : les forces de l’ordre doivent agir avec grande modération, avait expliqué plus tôt dans la journée Beauvau. Elles n’interviennent qu’en dernier recours et dans le seul cas où l’intégrité des personnes serait menacée ou les bâtiments et biens publics ou privés exposés à de graves dégradations (par exemple des actions visant des camions étrangers).»

Dimanche soir, plusieurs médias ont constaté que le dispositif de sécurité se mettait en place autour du marché de Rungis. Fait rare, des véhicules blindés de la gendarmerie mobile – déjà vus lors de la mobilisation des gilets jaunes – sont mis à contribution.

De son côté, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a appelé ce dimanche les agriculteurs au «calme et à la détermination» avant une «semaine de tous les dangers», prévenant que leur mobilisation restait «totale» malgré les annonces de vendredi du Premier ministre, Gabriel Attal. Le président du premier syndicat agricole français s’est exprimé depuis un barrage installé sur l’A16 près de Beauvais (Oise), exhortant le gouvernement à «aller beaucoup plus loin» pour satisfaire les demandes de la profession et appelant toutefois ses collègues à la retenue : «Notre objectif n’est pas la violence ni d’aller à la provocation. Si certains veulent le faire, ils le feront en dehors du cadre qui est le nôtre.»

Plus tôt ce dimanche sur BFM TV, le ministre de l’Agriculture avait promis une «tolérance zéro sur les violences et les dégradations», tout en disant douter qu’un blocage de Paris serve les «intérêts des agriculteurs». Concernant le blocage éventuel de Rungis, Marc Fesneau a fait remarquer que «c’est le lieu où viennent converger la plupart des produits français […]. Vous savez qui ils vont pénaliser ? Ils vont pénaliser les agriculteurs ! Parce qu’à la vérité, quand vous bloquez Rungis, vous bloquez la capacité d’écoulement des produits.»

Mis à jour à 17h16 : la réunion de crise prévue à 18 heures ce dimanche.

Mis à jour à 18h06 : avec la mise en place du dispositif de sécurité autour de Rungis.

Mis à jour à 19h30 : avec les annonces de Darmanin post-réunion de crise interministérielle.

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