Départ de convois pour Paris, rassemblements devant des préfectures, contrôles sauvages de marchandises : les actions des agriculteurs diffèrent ce mardi 6 janvier selon les syndicats, dont deux – la puissante FNSEA et la Confédération paysanne – sont reçus à Matignon en fin d’après-midi. «Il y a une forme d’incompréhension et de défiance vis-à-vis de la parole publique. Ce dont nous avons besoin, ce sont des actes, des décisions qui se voient dans les cours de ferme», a déclaré sur TF1 Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, reçu à 17h30.
Les annonces du gouvernement ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face : épizootie de dermatose nodulaire contagieuse pour les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur… La perspective que l’accord de libre-échange UE-Mercosur soit signé dans les prochains jours, comme le souhaite la Commission européenne, est un «chiffon rouge», pour Arnaud Rousseau, «de nature à [entraîner] des mobilisations plus importantes. Mais à ce stade, nous appelons à des actions en territoire».
«On espère qu’à Paris, on sera écouté»
En revanche, le ton de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole habitué des opérations coup de poing, est monté d’un cran lundi à la sortie de Matignon. Son président Bertrand Venteau s’est insurgé contre l’interdiction, par arrêté préfectoral dans la majeure partie de la France, des convois de tracteurs qu’il prévoyait d’envoyer à Paris pour «porter pacifiquement» les «doléances des agriculteurs». Il a maintenu son appel à «monter» sur la capitale et la CR espère l’arrivée de ses cortèges à compter de jeudi, a-t-elle précisé à l’AFP.
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Un convoi d’une quarantaine d’agriculteurs de la Coordination rurale est parti ce mardi matin depuis Cancon (Lot-et-Garonne) en direction de Paris, parmi d’autres dans la région, pour faire entendre «leurs solutions» face à la crise de la profession. «Dans nos départements, il n’y a rien qui se passe. On se rend bien compte que ce gouvernement n’a rien fait. Les préfets n’ont aucun pouvoir. Donc maintenant, il faut que les choses évoluent. On espère qu’à Paris, on sera écouté», a déclaré le président de la CR47 José Pérez, évoquant une «action symbolique».
«On n’est pas des bandits»
D’autres convois de la CR se sont mis en route dans plusieurs départements du sud-ouest selon des responsables du syndicat. Une cinquantaine d’agriculteurs et une quinzaine de tracteurs sont notamment partis dès lundi soir de Dordogne. Bloqués un temps par les gendarmes en Haute-Vienne, ils ont poursuivi leur route et «ont passé la Loire» mardi matin, a indiqué à l’AFP, président de la CR24.
Ces arrêtés d’interdiction, «c’est de l’intimidation, il faut arrêter ça. Nous, on n’est pas des bandits. On va rouler. J’espère que les préfets auront le courage de laisser passer les agriculteurs. J’espère que le ministre de l’Intérieur va se rendre compte que c’est une bêtise. On veut juste porter nos revendications là-haut à Paris», a poursuivi José Pérez.




