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Colère des agriculteurs : «On continuera à avoir des actions sur le terrain», assure le patron de la FNSEA

Après les promesses du gouvernement, Arnaud Rousseau, le président du syndicat agricole majoritaire attend des «réalisations très concrètes» et laisse à chaque département l’initiative de continuer à se mobiliser.

Mobilisation des agriculteurs autour de l'Arc de Triomphe à Paris le 1er mars 2024. (Thomas Samson/AFP)
Publié le 03/03/2024 à 15h39

Le feu couve encore sous des «braises brûlantes». Alors que la 60e édition du Salon de l’agriculture, marquée par la colère vive des agriculteurs, ferme ses portes ce dimanche 3 mars, le patron du syndicat agricole majoritaire FNSEA assure que la mobilisation n’est pas terminée. «On continuera à avoir des actions sur le terrain» car «sur le plan politique, les choses ne sont clairement pas terminées», a déclaré Arnaud Rousseau sur BFM TV, en insistant «rien n’est fini».

Après les promesses du gouvernement, les exploitants attendent des «réalisations très concrètes» dans leur ferme, et même si la FNSEA n’appelle pas à une mobilisation nationale, «chaque département garde l’initiative de pouvoir faire un certain nombre d’actions», a expliqué le responsable syndical. Parmi les nombreuses annonces du gouvernement depuis un mois, certaines «vont dans le bon sens» et d’autres «ne sont pas très claires», notamment en termes de simplification, a estimé Arnaud Rousseau. Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a, lui, estimé sur la même chaîne que «le temps de la contestation (avait) eu lieu», invitant à «se mettre autour de la table» pour avancer.

La puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) avait donné le ton dès la veille de l’ouverture du Salon, le 23 février, en organisant une manifestation suivie d’une veillée d’armes devant l’entrée du Parc des expositions à Paris. Au petit matin, des dizaines de manifestants forçaient une grille et pénétraient dans le bâtiment, décidés à se faire entendre du chef de l’Etat. Un premier jour «plus que chaotique», un «début violent», juge Arnaud Rousseau.

«Une forme de cacophonie»

Accédant à une demande forte de la FNSEA, Emmanuel Macron s’est engagé à reconnaître l’agriculture «comme un intérêt général majeur de la nation française» ; répondant à la Coordination rurale, il a évoqué «un plan de trésorerie d’urgence» ; et à l’adresse de la Confédération paysanne, a ouvert un débat sur les «prix planchers». Le gouvernement a aussi multiplié les annonces : plans pour l’élevage et le blé dur, 40 millions d’euros supplémentaires pour l’agriculture bio, 100 millions de plus pour la filière fruits et légumes. Ont aussi été publiés des décrets sur la dénomination des viandes ou les métiers en tension.

Mais pour Jérome Despey, premier vice-président de la FNSEA, ce salon a été «un rendez-vous manqué» avec l’exécutif : «On attendait du président de la République une stratégie et la définition d’un cap pour l’agriculture», a-t-il expliqué à l’AFP. Arnaud Rousseau évoque, lui, auprès de BFM TV une «forme de cacophonie» sur certaines annonces citant en exemple «la vision sur le Green deal», le Pacte vert européen. Dans le viseur des agriculteurs, cette feuille de route de l’UE mènerait à une baisse de productions et à une perte de la compétitivité européenne et française alors que l’objectif de souveraineté alimentaire ne cesse d’être réaffirmé. «On se rend bien compte que ce qui nous est dit (par les membres du gouvernement) et la déclinaison très concrète qu’on en a à travers l’administration ne donnent pas la même chose», a avancé le patron de la FNSEA.


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