Après un tour dans la capitale la semaine dernière et une pause sous la tour Eiffel, de nouvelles actions de la part des agriculteurs français opposés à l’accord entre l’UE et des pays du Mercosur sud-américain sont en cours ce lundi. Deux points névralgiques du transport de marchandises sont désormais dans le viseur de la profession.
Premier lieu de blocage : le Havre, en sa qualité de premier port français pour le trafic de conteneurs. Environ 150 agriculteurs présents sur place entendent inspecter tous les camions qui entrent ou sortent pour écarter les produits alimentaires non conformes aux normes imposées aux producteurs français et européens, sans bloquer l’entrée du port. Ils n’ont pu contrôler que deux poids lourds dimanche, mais en attendent «5 000 par jour» à partir de lundi, a expliqué Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime (JA76).
Autre point de mobilisation : l’autoroute A1, «axe routier le plus fréquenté» du pays selon son concessionnaire, la Sanef, et passage privilégié entre Paris et les deux principaux ports de marchandises d’Europe, Anvers (Belgique) et Rotterdam (Pays-Bas). Dimanche soir, vers 21 h 30, plusieurs dizaines d’agriculteurs ont bloqué le péage de Fresnes-Lès-Montauban, au sud de Lille, sur l’A1, pour contrôler les marchandises des camions, de nouveau autorisés à rouler après l’interdiction de circulation dominicale.
Manifestations en Italie, en Pologne et en Irlande
La Coordination rurale entend également bloquer un dépôt pétrolier sur le port de La Rochelle ce lundi matin. Deux autres dépôts ont en revanche été libérés dans le Nord et en Gironde ces derniers jours. La préfecture de Savoie menace pour sa part d’intervenir lundi matin pour libérer celui d’Albens, sur la commune d’Entrelacs (Savoie), selon la Confédération paysanne.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, la centaine d’agriculteurs non syndiqués établie depuis vendredi sur l’autoroute A63 – l’un des principaux axes routiers entre la France et l’Espagne – a levé le barrage dans la nuit après négociation avec le préfet. Ce dernier «s’est rendu personnellement sur place pour dialoguer avec la centaine d’agriculteurs présents, entre 23 heures et 1 h 30 du matin. A l’issue, le blocage a été levé sans dégradation», a fait savoir la préfecture des Pyrénées-Atlantiques dans un communiqué, précisant que le trafic pourrait reprendre «dans les heures à venir».
Plus loin, au sud de Toulouse, cela fera un mois ce lundi que l’A64 est occupée par les «Ultras de l’A64». Dans le Tarn-et-Garonne voisin, les locaux de la Mutualité sociale agricole (MSA) resteront fermés au public à partir de lundi pour dénoncer des actes de vandalisme commis dans la nuit de vendredi à samedi.
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Outre la France, des manifestations ont également eu lieu en Italie, en Pologne ou encore en Irlande. Cette vaste mobilisation agricole, commencée le mois dernier en opposition à la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, a été amplifiée par le feu vert européen donné vendredi à l’accord avec le Mercosur, qui doit être signé samedi prochain au Paraguay. Pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés d’Amérique latine moins chers et pas forcément respectueux des normes européennes, faute de contrôles suffisants.
Mais la ratification du traité dépend encore d’un vote, qui s’annonce serré, au Parlement européen, probablement en février ou en mars. Un grand rassemblement d’agriculteurs est prévu devant son siège strasbourgeois le 20 janvier.




