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Mobilisation

Crise de la dermatose : des agriculteurs passent le jour du réveillon de Noël sur les barrages dans le Sud-Ouest

Treize jours après le début de la mobilisation, la circulation est toujours entravée, ce mercredi 24 décembre, sur les autoroutes d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine. A Carbonne, une messe de Noël est organisée dans la soirée sur l’A64.

Sur l'autoroute A63, le 22 décembre 2025. (Romain Perrocheau/AFP)
Publié le 24/12/2025 à 11h16

Sur les quelques barrages toujours maintenus dans le Sud-Ouest, les agriculteurs se préparent à célébrer le réveillon de Noël ce mercredi 24 décembre, après une dizaine de jours de mobilisation contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Faute de «solutions» suffisantes apportées par l’Etat, le blocage de l’A64 à Carbonne continue et les agriculteurs feront «le réveillon sur l’autoroute», a confirmé mardi soir Jérôme Bayle, figure de la contestation, à l’issue d’une rencontre avec le préfet de Haute-Garonne.

«L’une des journées les plus chargées» des fêtes

La circulation était toujours entravée ce mercredi matin sur l’A63 au sud de Bordeaux, sur l’A64 qui longe les Pyrénées de Toulouse à Bayonne, sur l’A65 à Thèze (Pyrénées-Atlantiques) et sur l’A75 en Lozère et en Aveyron, selon la gendarmerie. Le maintien des blocages et déviations laisse entrevoir des complications sur les routes en ce jour de départ en vacances, «l’une des journées les plus chargées» de la période des fêtes, selon Bison Futé.

Au treizième jour de mobilisation à Carbonne, au sud de Toulouse, une messe de Noël sera donnée dans la soirée sur l’autoroute, comme à Cestas en Gironde où la Coordination rurale de la Gironde a prévu un réveillon «façon auberge espagnole».

«On va continuer à se battre, pour arriver à changer la règle sur l’abattage, amener des solutions à nos céréaliers. […] On veut que tous ces agriculteurs qui sont dans le dur, arrivent à passer le cap de l’année 2026», a poursuivi Jérôme Bayle.

«S’il faut y passer un mois…»

«Malheureusement, on a un interlocuteur qui est borné, mais on est déterminés. C’est la survie de nos exploitations qui est en jeu, donc s’il faut y passer un mois, on y passera un mois», a déclaré à l’AFP Benjamin Roquebert, autre éleveur mobilisé à Carbonne.

Depuis le début de l’épidémie en Savoie cet été, l’Etat tente de contenir la propagation du virus en se basant sur «trois piliers» : l’abattage systématique d’un troupeau dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.

Une gestion fortement contestée par une partie des agriculteurs, notamment de la Coordination rurale (deuxième syndicat de la profession) et de la Confédération paysanne (troisième), qui rejettent cette stratégie d’abattage des troupeaux entiers au moindre cas détecté.

En Haute-Garonne, 72 vaches ont été abattues mardi après la détection d’un nouveau cas de DNC, dans le village pyrénéen de Juzet-d’Izaut, portant le bilan national à 115 foyers depuis juin. Le dernier cas majeur de DNC remontait au 15 décembre, dans le département voisin de l’Aude.

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