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Plan d'aide

Crise de la viticulture : le ministère de l’Agriculture débloque 130 millions d’euros pour le secteur

L’enveloppe est notamment destinée à aider des vignerons, fragilisés par la crise climatique et la désaffection pour le vin des consommateurs, à arracher des vignes inexploitables.

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, le 10 novembre 2025 dans la cour de l'Elysée. (Geoffroy Van Der Hasselt/AFP)
Publié le 24/11/2025 à 21h59, mis à jour le 24/11/2025 à 22h01

Une rustine ou une roue de secours ? Le ministère de l’Agriculture a annoncé lundi 24 novembre «un plan national de sortie de crise» pour la viticulture, qui prévoit notamment une enveloppe de 130 millions d’euros pour l’arrachage de vignes, et appelle Bruxelles à mobiliser «la réserve de crise européenne». «Le gouvernement débloque 130 millions d’euros pour financer un nouveau plan d’arrachage définitif demandé par la profession viticole», afin de «rééquilibrer l’offre et [de] restaurer la viabilité des exploitations en difficulté dans les bassins les plus fragilisés», a indiqué le ministère dans un communiqué.

L’annonce de ce plan intervient à la veille de l’ouverture du salon Sitevi à Montpellier, où doit se rendre la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Une mesure qui se veut une réponse à «une situation dégradée, marquée par les effets du changement climatique qui affectent les vendanges de manière répétée depuis plusieurs années, la baisse continue de la consommation de vin – en particulier des vins rouges – et par des tensions géopolitiques majeures» qui affectent les exportations, a souligné le ministère.

Prorogation des prêts garantis et allégement des cotisations

Outre l’aide pour l’arrachage, auquel sont acculés des viticulteurs dans l’impossibilité d’exploiter leurs vignes, le plan prévoit «la prorogation en 2026 des prêts structurels garantis à 70 % par Bpifrance». Ceux-ci «feront l’objet d’une révision de leurs critères pour mieux refléter les spécificités économiques de la viticulture et seront élargis aux coopératives», a précisé le ministère.

Enfin, le plan prévoit de nouvelles mesures d’«allégement des charges (sic) sociales» : alors que 5 millions d’euros ont été débloqués en novembre «pour la prise en charge des cotisations sociales», la viticulture «bénéficiera à nouveau d’allégements de charges» l’année prochaine «à hauteur de 10 millions d’euros», a indiqué le ministère.

Le ministère n’entend pas aider le secteur tout seul. La ministre Annie Genevard «a demandé au Commissaire européen à l’agriculture et à l’alimentation, monsieur Christophe Hansen, de mobiliser la réserve de crise européenne, notamment pour financer la distillation de crise des surstocks non marchands, prioritairement en caves coopératives».

«Ce nouvel effort financier très important, malgré un contexte budgétaire particulièrement difficile et sous réserve de l’adoption d’un projet de loi de finances, témoigne de la détermination du gouvernement pour sauver durablement notre viticulture», a conclu Annie Genevard, citée dans le communiqué.

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