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Reportage

Dans le cortège des agriculteurs en direction de Rungis : «S’il le faut, on finira à pied»

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Parti d’Agen, le convoi d’agriculteurs a poursuivi ce mardi 30 janvier sa route vers la ville francilienne. En dépit des barrages de gendarmes.

Ce mardi, dans le convoi CR47, parti d'Agen pour bloquer Rungis. (Pascal Lachenaud/AFP)
ParEva Fonteneau
Envoyée spéciale sur la route de Paris
Publié le 30/01/2024 à 20h33

Si on vous ferme la porte, rentrez par la fenêtre. L’adage a trouvé tout son sens le matin de ce mardi 30 janvier sur l’autoroute 20 en direction de Paris. Quand le convoi de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, parti vers 5 heures de Limoges (Haute-Vienne), se retrouve bloqué une heure et demie plus tard par les forces de l’ordre, le mot passe vite entre les agriculteurs : «On monte à la capitale, hors de question de faire demi-tour.» Pas après avoir avalé 260 kilomètres depuis Agen, sur des tracteurs roulant en moyenne à 30 km/h. On vous laisse faire le calcul sur le nombre d’heures passées vissés sur les petits sièges cabine. «Fous de colère» d’être stoppés dans leur «périple historique», les agriculteurs, rompus à l’exercice, se sont alors écartés pour laisser passer leurs collègues munis de grandes lames plates installées à l’avant des véhicules. «C’est pour pousser sur le côté les obstacles sur la route quand y’a besoin», commente un jeune cultivateur. Gendarmes y compris, donc.

Les blindés des militaires les ont rapidement découragés. Qu’à cela ne tienne, une partie des 300 tracteurs font demi-tour – oui, sur l’autoroute – puis déboulonnent une glissière pour traverser les voies. Le début d’un jeu géant du chat e

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