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Dermatose : appuyé sur sa cellule scientifique, le gouvernement ne démord pas de la politique d’abattage systématique

Le ministère de l’Agriculture a exclu de revoir le protocole actuel face à la DNC, une exigence formulée par une partie des éleveurs. Il a aussi annoncé, ce mercredi 24 décembre, de nouvelles recherches sur la maladie.

A Mercus-Garrabet (Ariège), le 17 décembre. Une partie de la profession demande l'abattage des seules bêtes malades, et la vaccination et surveillance par tests PCR des autres bovins. (Sylvain Courros/Libération)
Publié le 24/12/2025 à 17h49

Pas question de revenir sur le protocole d’abattage systématique de l’intégralité d’un troupeau en cas de découverte d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). C’est la conclusion de la cellule de dialogue entre éleveurs et scientifiques, dont la création avait été annoncée par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, la semaine dernière. Au grand dam d’une partie de la profession, donc, qui demande un protocole assoupli, mêlant abattage des seules bêtes malades, vaccination et surveillance par tests PCR des autres bovins.

Dans la foulée, le gouvernement a annoncé ce mercredi 24 décembre une «intensification» de la recherche sur la DNC après que la cellule de dialogue a indiqué que le protocole actuel d’abattage «ne pouvait être revu». L’alliance syndicale dominant les institutions agricoles, FNSEA-Jeunes Agriculteurs, soutient la stratégie officielle même si au niveau local, certains adhérents ont rejoint les blocages routiers des deux autres syndicats alliés de circonstances, la Coordination rurale et la Confédération paysanne.

«Amplification de la vaccination»

Après deux réunions entre des représentants d’éleveurs, de scientifiques, de vétérinaires et des élus d’Occitanie, où la contestation s’est intensifiée il y a une dizaine de jours, la cellule a conclu mardi 23 décembre que «concernant la stratégie de dépeuplement [l’abattage, ndlr], les scientifiques considèrent qu’en l’état des connaissances et de la situation, le protocole ne peut être revu», selon un communiqué du ministère de l’Agriculture.

C’était pourtant la première condition pour que Coordination rurale et Confédération paysanne sonnent la fin de la mobilisation qui continue pendant les fêtes et devrait reprendre de plus belle en janvier. «L’amplification de la politique de vaccination est considérée comme un facteur déterminant […] tout comme le contrôle des mouvements des animaux», a aussi conclu la cellule.

«Nouveaux programmes de recherche»

Le ministère a chargé dans la foulée le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) d’une «analyse de risques complémentaire sur le cas particulier d’une zone ayant atteint l’immunité vaccinale», sans préciser si l’objectif pourrait alors être de ne pas recourir à l’abattage systématique mais à l’abattage des seules vaches malades.

Dans un communiqué publié mercredi, la ministre de l’Agriculture va légèrement plus loin en s’associant au ministre de la Recherche, Philippe Baptiste, pour annoncer «l’intensification de l’accompagnement par l’Etat des activités de surveillance et de nouveaux programmes de recherche», sans préciser de montant. Le programme prioritaire de recherche «Elevages durables», doté initialement de 45 millions d’euros, doit acter mercredi «cette nouvelle orientation».

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