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Reportage

Dermatose : en Ariège auprès des éleveurs déterminés à «protéger à tout prix leurs animaux de l’abattage»

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Alors que les syndicats agricoles sont reçus à Matignon vendredi 19 décembre, «Libé» est allé à la rencontre d’agriculteurs ariégeois. A bout, ils se mobilisent depuis une semaine pour protester contre la stratégie du gouvernement d’abattre totalement les troupeaux contaminés.

Dans l’exploitation de Corentin Tourrent, mercredi à Mercus-Garrabet (Ariège), le 17 décembre 2025. (Sylvain Courros/Libération)
ParJulien Gester
envoyé spécial en Ariège
Publié le 18/12/2025 à 20h24

Sous la lumière du petit jour glacé qui s’engouffre par les flancs de l’étable, l’œil extérieur verra peut-être juste un troupeau : quelques dizaines d’animaux à poil gris cendré, à peu près identiques, le museau goulûment plongé dans le foin. Corentin Tourrent, lui, y distingue et reconnaît Moranette, Ocre et Nuage, ou encore là, un peu plus loin, la fille de cette dernière, Tempête. Toutes «pleines», prêtes à vêler. Et des vaches qui «ont toutes une histoire», avec lesquelles il a grandi comme éleveur. Certaines sont même plus âgées que sa carrière, débutée il y a quinze ans, lorsqu’il a rejoint ses parents dans l’aventure d’une ferme des Pyrénées ariégeoises, où ils font transhumer des gasconnes, la race locale, depuis trop de générations pour que Corentin se rappelle combien. Alors, «si on me les prend, je ne saurai pas repartir».

Il a 34 ans, les traits tirés et le menton tremblant tandis qu’il cherche ses mots : «C’est un métier qu’on fait avec passion, avec des moments très durs, plein ! Et j’ai jamais rien connu de tel. Moi, je ne suis normalement pas du genre à manifester, mais là, depuis ce qui s’est passé la semaine dernière… pas le choix.» Ce qui s’est passé, c’est d’abord l’alerte d’un cas de

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