Le gouvernement tente d’éteindre la colère agricole. Alors qu’une partie des agriculteurs critique la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse - une maladie bovine qui touche les élevages - et s’oppose farouchement à la signature du traité de libre-échange avec le Mercosur, le Premier ministre Sébastien Lecornu tient ce mardi 16 décembre une réunion à Matignon, à 10 h 30,
Sont conviés les ministres Annie Genevard (Agriculture), Laurent Nuñez (Intérieur), Gérald Darmanin (Justice), Laurent Panifous (Relations avec le Parlement), Maud Bregeon (porte-parole), Amélie de Montchalin (Comptes publics), Nicolas Forissier (Commerce extérieur), et Benjamin Haddad (Europe). Plusieurs préfets de départements touchés par la dermatose nodulaire contagieuse sont également invités (Ariège, Aude, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Landes, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales), ont précisé les services de Matignon.
Analyse
En parallèle, la mobilisation contre la gestion de l’épidémie se poursuit ce mardi, avec plusieurs axes routiers toujours bloqués, notamment dans le Sud-Ouest, au lendemain de la visite en Occitanie de la ministre de l’Agriculture, venue défendre sa stratégie. Mais aussi en région francilienne, où des agriculteurs ont monté un barrage avec une quinzaine de tracteurs sur la nationale 12, au niveau de Méré (Yvelines) dans le sens province-Paris.
Une manifestation près de Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) a également interrompu la circulation des trains entre Toulouse et Narbonne sur l’axe Bordeaux-Marseille, a fait savoir SNCF-Réseau. «On est sur une interruption des circulations qu’on imagine durer toute la journée pour le moment. Au passage à niveau, il y a des obstacles sur la voie. Il y a un feu qui est allumé. Donc, on ne peut pas faire circuler de train en sécurité», a déclaré un porte-parole de SNCF-Réseau ce mardi dans le courant de la matinée.
«Le compte n’y est pas pour protéger les agriculteurs français»
L’exécutif doit par ailleurs gérer un autre dossier brûlant : la signature du traité de libre-échange avec le Mercosur. Les 27 doivent approuver cette semaine ce texte, négocié depuis de longues années avec plusieurs pays d’Amérique du Sud, afin que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen puisse le parapher lors d’un sommet du Mercosur à Foz do Iguaçu, au Brésil.
Mais la France y reste opposée. Lundi soir à Berlin, Emmanuel Macron a été «très clair avec la présidente de la Commission et le président du Conseil européen (Antonio Costa) sur le fait que le compte n’y était pas à ce stade pour protéger les agriculteurs français», a assuré son entourage. La France plaide pour un report en 2026 du vote prévu cette semaine au Conseil européen.
En réponse, l’exécutif européen a opposé au président français une fin de non-recevoir. Ce traité est «de la plus haute importance pour l’Union européenne», sur «le plan économique, diplomatique et géopolitique», a souligné un porte-parole de la Commission, qui maintient son calendrier.
Une signature est «absolument nécessaire cette semaine», a renchéri l’Allemagne, fervent défenseur de cet accord avec lequel elle espère relancer ses exportations industrielles. Ce traité favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux. En retour, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, ce qui alarme les filières.




