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Manifestation

Dermatose nodulaire : dans le Pas-de-Calais, des dizaines d’éleveurs rassemblés contre l’abattage des troupeaux

70 tracteurs se sont rassemblés à Boulogne-sur-Mer, lundi après-midi, à l’appel de la Coordination rurale, contre la politique médicale appréhendant cette maladie hautement contagieuse.

Une manifestation contre les abattages massifs dans le sud-ouest de la France, lundi 15 décembre. (Nicolas Mollo/AP)
Publié le 15/12/2025 à 17h36

Aucun foyer encore détecté mais déjà des manifestations. Dans les rues de Boulogne-sur-Mer, ce lundi, comme samedi à Arras, les agriculteurs étaient de sortie, en solidarité avec leurs collègues du sud-ouest, mobilisés contre la politique sanitaire contre la dermatose nodulaire contagieuse. Environ 70 tracteurs, venus de la Somme, du Pas-de-Calais, de l’Oise ou encore de l’Eure, se sont rassemblés, pour dénoncer la gestion par l’Etat de cette maladie virale hautement contagieuse qui touche exclusivement les bovins.

Une large banderole appelant à dire «stop au massacre» a été déployée sur les remparts de la ville. Derrière ce rassemblement, la Coordination rurale de l’Oise et sa présidente, l’éleveuse Sophie Lenaerts, qui a déploré une «hérésie» dans cette méthode consistant à abattre tout un cheptel à partir du moment où un cas de DNC est détecté, assurant «qu’il y a [vait] des alternatives» à l’abattage massif, soutenu par le gouvernement, le lobby bovin et la FNSEA, syndicat agricole leader mais contesté, et les vétérinaires, pour qui il «coûtera plus cher de vivre avec cette maladie chaque année que de faire l’effort de l’éliminer pour ne pas la laisser s’installer».

Pas convaincue, Sophie Lenaerts réclame de son côté un «autre protocole», avec un «abattage partiel» et la mise en place d’un «troupeau test» afin de mieux comprendre la maladie, estimant que les autorités manquent de données. La Coordination rurale réclame également l’expérimentation de traitements médicamenteux. «Nous voulons prouver qu’on peut soigner nos animaux» plutôt que les abattre et «détruire le travail de sélection de trois ou quatre générations», a insisté Sophie Lenaerts.

«On en a la boule au ventre»

Les éleveurs avaient suspendu à leurs tracteurs un paysan en paille avec une corde autour du cou. Des pancartes «En France, on ne soigne plus, on tue», «Stop à l’agricide» et montrant des vaches pleurant du sang, étaient également placardées sur les tracteurs qui ont traversé la ville dans un vacarme de klaxons et pétards.

Parmi les manifestants, Pierre Wallois, 32 ans, éleveur de blondes d’Aquitaine à Hubersent (Pas-de-Calais), dit vivre la situation «très mal». «Personne n’est à l’abri», a-t-il estimé, jugeant «urgent» de vacciner les bovins, alors que le gouvernement a promis de livrer un million de vaccins. «Les bovins, c’est un peu comme un membre de notre famille. On est là pour les faire naître, on se bat tous les jours pour nos bêtes», a-t-il expliqué. «C’est déjà un déchirement quand on fait partir quelques bovins pour les vendre», mais «apprendre qu’on va nous ruiner notre outil de travail gratuitement, c’est un déchirement», a ajouté l’éleveur. «On en a la boule au ventre.»

A ce jour, «aucun foyer n’a été détecté dans la région Hauts-de-France», a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais ce lundi. Après un week-end d’actions dans le Sud-Ouest, le gouvernement a assuré que la situation était officiellement «sous contrôle» lundi, alors que la ministre de l’Agriculture Annie Genevard se rend dans le Sud-Ouest, touché par la DNC.

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