Un maintien ferme de la doctrine sanitaire, aussi douloureuse soit-elle, pour contenir l’épizootie. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a assuré ce samedi 6 décembre que la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) pourrait tuer 10 % des bovins en France si le strict protocole sanitaire en vigueur n’était pas respecté. Elle est venue défendre à Besançon le récent abattage d’un troupeau de 83 vaches dans le Doubs.
Mardi, l’opération menée dans un élevage de Pouilley-Français s’est déroulée de manière houleuse : des centaines de manifestants étaient venus protester contre cette mesure et les forces de l’ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogène. Annie Genevard, qui devait rencontrer ce samedi l’éleveur touché par cet abattage massif, a revendiqué un discours «de compassion, mais aussi de vérité», excluant tout assouplissement du protocole.
«La stratégie mise en place fonctionne»
La stratégie sanitaire officielle, qui prévoit notamment, si une bête est contaminée, d’euthanasier tout le troupeau, «a porté ses fruits en Savoie et en Haute-Savoie», a fait valoir la ministre : dans ces deux départements alpins, «nous avons éradiqué la maladie en quatre mois» et «la vie est revenue», selon elle. «Oui, la stratégie mise en place fonctionne et nous protégerons l’élevage français», a encore insisté Annie Genevard.
Interview
Pour la ministre, la dermatose est une maladie «très grave», qui se propage «à une vitesse foudroyante» et «peut entraîner la mortalité de 10 % du cheptel bovin français, c’est-à-dire plus d’un million et demi d’animaux», si le protocole n’est pas respecté. «Après le désespoir de l’abattage d’un troupeau, il y a l’espoir de la reconstitution d’un troupeau, du retour à la vie dans la ferme. Et c’est à cet espoir qu’il faut absolument s’accrocher», a-t-elle encore souligné.
Sur environ 2 700 animaux euthanasiés en France depuis cinq mois, plus de 1 700 l’ont été dans une zone se partageant entre la Haute-Savoie, la Savoie et l’Ain, premier foyer de l’épizootie qui frappe désormais dans les Pyrénées et le Doubs.




