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Epidémie

Dermatose nodulaire : un nouveau cas détecté dans un élevage de bovins d’Ariège

Le ministère de l’Agriculture a annoncé ce vendredi 2 janvier avoir découvert un animal malade dans un troupeau de 113 vaches pourtant récemment vaccinées. Toutes vont être abattues.

Un Cheptel contraint à l'isolement, à Mercus-Garrabet, en Ariège, le 17 décembre 2025. (Sylvain Courros/Libération)
Publié le 02/01/2026 à 12h33, mis à jour le 02/01/2026 à 12h33

La vaccination n’a pas eu le temps de faire effet. Un nouveau cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été détecté en Ariège, a-t-on appris ce vendredi 2 janvier auprès de la chambre d’agriculture du département pyrénéen. Le ministère de l’Agriculture a également confirmé cette information. C’est le 116e foyer détecté depuis fin juin en France (les départements les plus touchés sont la Savoie, avec 32 foyers, et les Pyrénées-Orientales qui en comptent 22). Il s’agit du deuxième foyer en Ariège après la découverte d’un premier cas le 10 décembre.

Le troupeau de 113 vaches a commencé à être abattu dans la matinée de ce vendredi. Comme tout le cheptel de l’Ariège, il était pourtant vacciné «depuis une quinzaine de jours», explique Philippe Lacube, le président de la chambre d’agriculture de l’Ariège. Le ministère précise cependant qu’un «animal vacciné est protégé à partir de 21 jours après l’injection d’une dose de vaccin» et que la maladie peut circuler à bas bruit dans un troupeau avant que des symptômes ne soient visibles.

Ce troupeau «avait été vacciné le 18 décembre, et n’avait donc pas encore atteint l’immunité vaccinale», qui requiert 21 jours après l’injection, a précisé le ministère de l’Agriculture.

506 741 bovins vaccinés dans le Sud-Ouest

Selon la réglementation européenne, une zone est considérée comme vaccinée lorsque 95 % des élevages représentant 75 % des bêtes de la zone ont été immunisés. Ce seuil a été atteint dans les départements de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales.

Au total, dans les dix départements du Sud-Ouest engagés dans la campagne de vaccination, 506 741 bovins, soit 70,2 % du cheptel concerné, ont reçu une injection, selon un bilan du ministère de l’Agriculture actualisé le 2 janvier.

Depuis le début de l’épidémie de DNC en Savoie cet été, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur «trois piliers» : l’abattage systématique d’un troupeau dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements de troupeaux. Beaucoup d’agriculteurs critiquent cette stratégie, et notamment l’abattage systématique. Ils l’ont fait savoir lors de nombreuses manifestations partout dans le pays en décembre.

Les éleveurs du troupeau contaminé en Ariège ont malgré tout accepté le protocole et «ne veulent pas de blocage chez eux», a précisé Angel Alegre, co-porte-parole de la Confédération paysanne du département, qui organise ce vendredi un rassemblement à une vingtaine de kilomètres de l’exploitation touchée pour «informer l’État qu’(ils) ne se (laisseront) pas faire, pas abattre». «Après vaccination, il faudrait qu’à un moment on passe à un abattage sélectif. Qu’on donne une chance aux vaches immunisées», défend également Philippe Lacube.

Stratégie contestée

Depuis la mi-décembre, la contestation enfle dans les campagnes contre la stratégie d’abattage systématique du troupeau dès qu’un cas est détecté : le «seul moyen» pour éradiquer cette maladie extrêmement contagieuse, a régulièrement affirmé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.

La Coordination rurale et la Confédération paysanne sont en pointe de la contestation, avec un appui local des sections FNSEA et des Jeunes agriculteurs - alors qu’au niveau national, ces deux derniers syndicats appuient la stratégie sanitaire actuelle. En Occitanie, des blocages routiers persistent vendredi sur l’A75 en Lozère et sur l’A64 en Haute-Garonne, selon la gendarmerie.

Des mesures en faveur des agriculteurs seront prises «tout au long du mois de janvier», avec de premières annonces de la ministre de l’Agriculture dès dimanche, a rapporté vendredi l’entourage de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre prévient toutefois qu’il faudra un budget pour les mettre en œuvre. Des rencontres entre les syndicats et le gouvernement sont prévues lundi et mardi à Paris.

Mis à jour à 20 h 22 avec le début de l’abattage, le bilan actualisé de la vaccination et des éléments de contexte sur la colère des agriculteurs.

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