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Colère des agriculteurs : dix mesures de simplification «immédiates», suppression de la hausse de la taxe sur le GNR, fonds d’urgence… Ce qu’il faut retenir des annonces d’Attal

En déplacement en Haute-Garonne, épicentre de la contestation des exploitants, le Premier ministre a annoncé ce vendredi 26 janvier une batterie de mesures, espérant calmer la grogne des agriculteurs.

Gabriel Attal, dans une ferme à Montastruc-de-Salies (Haute-Garonne), ce vendredi 26 janvier. (Nacho Doce/REUTERS)
Publié le 26/01/2024 à 18h31

De quoi satisfaire les exigences des agriculteurs et faire baisser la température ? Le Premier ministre français, Gabriel Attal, a annoncé ce vendredi 26 janvier à Montastruc-de-Salies (Haute-Garonne) des premières mesures à effet rapide pour répondre aux agriculteurs qui manifestent depuis une semaine : la suppression de la hausse de la taxe sur le GNR, dix mesures de simplification des normes par décret (délais des recours, des autorisations, nombre de réglementations sur les haies…), possible dérogation sur les jachères, «trois sanctions très lourdes contre des entreprises qui ne respectent pas Egalim» – dont l’objectif est de garantir un prix d’achat minimum pour la matière première agricole –, fonds d’urgence pour la Bretagne, la viticulture, la filière bio ou les agriculteurs dont les animaux sont malades…

Confronté à sa première grave crise depuis sa nomination, le nouveau chef du gouvernement s’est rendu auprès des agriculteurs en Haute-Garonne, où a débuté le premier blocage d’autoroutes il y a une semaine, à hauteur de la commune de Carbonne. «Nous avons décidé de mettre l’agriculture au-dessus de tout», a assené Attal, aux côtés notamment de Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique. Et d’assurer : «C’est un jour de sursaut, un nouveau chapitre pour l’agriculture française.»

Création de fonds d’urgence

Le Premier ministre a également appelé les Français et «toutes les entreprises» du pays à acheter des produits agricoles issus de l’Hexagone. «Je refuse de laisser nos agriculteurs à la merci d’une concurrence déloyale», a lancé Attal, avant d’ajouter : «La France s’oppose de manière claire à la signature du traité Mercosur», accord commercial conclu le 28 juin 2019 entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). Le Premier ministre a par ailleurs annoncé qu’il allait «remettre 50 millions d’euros pour la filière bio».

Concernant la suppression de la hausse de la taxe sur le gazole non routier (GNR), le carburant utilisé dans les tracteurs et qui bénéficie d’un allégement fiscal, Attal a annoncé qu‘«à partir de cet été, la remise sur le TICPE sera appliquée directement sur la facture. Plus besoin d’avancer les frais». Selon Bercy, ce dispositif de réduction fiscale du GNR agricole sur la taxe intérieure sur les produits énergétiques (TICPE) a pourtant coûté à l’Etat en 2023 près de 1,7 milliard d’euros. Et pour accélérer la décarbonation du secteur, le gouvernement avait annoncé en juin la disparition progressive d’ici à 2030 de cette exonération fiscale.

Gabriel Attal avait par ailleurs promis que des mesures seraient prises «à très court terme […] sur le versement des aides qui sont dues à nos agriculteurs face aux catastrophes qui sont survenues, face aux maladies», alors que les producteurs touchés par la tempête Ciarán en Bretagne cet automne, par les inondations dans le Pas-de-Calais et par les épidémies de grippe aviaire et de maladie hémorragie épizootique (MHE) bovine s’impatientent. Ce qu’il a confirmé en Haute-Garonne.

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