Temporiser pour mieux réaccélérer en janvier ? Après une semaine d’intense mobilisation, sur fond d’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse et d’opposition au traité du Mercosur, les agriculteurs français ont semblé ce week-end tempérer leurs ardeurs. Ce dimanche 21 décembre, une dizaine de barrages étaient maintenus selon la gendarmerie, essentiellement dans le Sud-Ouest. Au pic des actions, 110 avaient été recensés jeudi.
A Cestas, au sud de Bordeaux, la Coordination rurale de Gironde (CR33) a rouvert samedi une bretelle de l’A63 pour permettre aux vacanciers d’enjamber le barrage, établi depuis dimanche dernier et maintenu dans le sens Sud-Nord. «On reste, peut-être jusqu’à lundi ou mardi, on ne sait pas», a expliqué à l’AFP coprésident de la CR33 Ludovic Ducloux, malgré les appels du gouvernement à une «trêve de Noël». A Carbonne (Haute-Garonne), le barrage de l’A64 a entamé son dixième jour.
Echanges de courriers avec Lecornu
La Coordination rurale et la Confédération paysanne, opposées à la stratégie mêlant abattages massifs en cas de détection d’un cas dans un troupeau et vaccination, n’ont pas appelé à la levée des blocages. Les sections départementales sont libres de continuer le mouvement, a confirmé samedi matin sur France Inter le secrétaire général de la CR, François Walraet, tout en appelant à «faire une pause» pendant Noël.
Les échanges de courriers en fin de semaine avec Sébastien Lecornu sur la gestion de cette nouvelle épizootie n’ont semble-t-il pas apporté toutes les garanties espérées par les agriculteurs. «Les réponses attendues, notamment sur les indemnisations des animaux bloqués, la sécurisation économique des exploitations ou encore le soutien aux céréaliers, ne sont pas au rendez-vous. Le compte n’y est pas», a réagi la puissante FNSEA, qui soutient la stratégie sanitaire actuelle mais demandait au gouvernement des «garanties» sur la taxe carbone européenne appliquée aux engrais.
Des départements prioritaires
Dans la Tribune dimanche, quatre anciens ministres de l’Agriculture, Michel Barnier, Marc Fesneau, Stéphane Travert et Julien Denormandie, ont pour leur part affirmé leur soutien à l’abattage total dès la détection d’un cas, avertissant contre la «division» ou des mesures guidées par «l’émotion».
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Sébastien Lecornu a assuré samedi soir qu’environ 50 % du cheptel ariégeois était désormais vacciné contre la dermatose, 70 % dans l’Aude et 100 % dans les Pyrénées-Orientales. Ces trois départements ayant recensé des cas, ils sont donc prioritaires pour la vaccination. Selon les chiffres du Premier ministre, à peine une vache sur cinq a été vaccinée sur les dix départements concernés dans le Sud-Ouest. Mais aucun nouveau foyer de contamination n’a été communiqué depuis le début de semaine.




