Les agriculteurs sont de nouveau en colère. Au terme d’un été marqué par les sécheresses et les maladies animales, les agriculteurs demandent «simplement de vivre dignement» de leur métier, explique Thomas Gibert, porte-parole de la Confédération paysanne, organisation représentative classée à gauche. «On attend toujours des réponses concrètes aux colères agricoles», ajoute-t-il.
Qui est-ce ?
L’organisation ira chercher ses réponses dans la rue mercredi prochain, conjointement avec les organisations syndicales et collectifs citoyens réunis sous la bannière «Bloquons tout». «On se sent entièrement légitimes à participer à ce mouvement, en convergence avec l’ensemble des colères qui s’agrègent autour de cette date du 10 septembre […]. Nous serons présents et on va clairement appeler à rejoindre les mobilisations et à en organiser», développe Thomas Gibert.
Manifestation à Bruxelles
Depuis le mouvement des agriculteurs en colère, la grogne n’a jamais vraiment cessé. Face à la sécheresse et aux feux records, le porte-parole de la Confédération paysanne déplore les «fausses solutions» que sont pour lui les grandes retenues d’eau ou les mesures de la loi Duplomb, «destinées à l’agro-industrie». La Confédération paysanne, qui revendique de «produire pour nourrir et non produire pour produire», souhaite engager une réflexion pour «repenser l’agriculture méditerranéenne, l’occupation des sols, les enjeux liés au pastoralisme».
Autre motif de mobilisation pour la Confédération, l’accord de libre-échange avec des pays du Mercosur, dont Bruxelles a lancé ce mercredi 3 septembre le processus de ratification. Elle doit ainsi manifester ce jeudi à Bruxelles avec le mouvement Via Campesina pour appeler «les Etats européens et tous les eurodéputés» à s’y opposer, appelant aussi «l’Etat français à être plus clair dans sa position». Stéphane Galais, autre porte-parole de l’organisation, dénonce un «accord qui va augmenter les quotas d’importations». Pour lui, «c’est accepter un suicide de l’agriculture française».
La FNSEA, premier syndicat agricole du pays, a indiqué de son côté ne pas participer au mouvement «Bloquons tout» afin d’éviter toute récupération politique. Elle a toutefois annoncé une mobilisation «cet automne». La Coordination rurale, elle, ne s’est pas encore prononcée sur une éventuelle participation à la journée du 10 septembre.




