Une drôle de conception de la liberté de la presse. Lundi 5 janvier en début de soirée, une cinquantaine d’ostréiculteurs se sont rassemblés devant les locaux de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier, rapporte le quotidien de la région Occitanie. La cause de leur colère ? Les éleveurs dénonçaient le traitement fait par le journal de la crise qui a touché les coquillages de l’étang de Thau fin 2025.
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En raison d’une présence trop élevée de norovirus dans la chair des coquillages, virus qui peut entraîner des gastro-entérites, les huîtres et moules produites dans l’étang ont été interdites à la vente par le gouvernement le 30 décembre. Cela ferait suite à des déversements d’eaux usées dans la lagune où les coquillages sont cultivés. Le quotidien s’était fait écho de l’interdiction, du rappel des produits, avait donné la parole à des consommateurs qui pensent être tombés malades après avoir consommé des huîtres tout comme à ceux qui soutiennent les éleveurs.
Une «atteinte injustifiable à la liberté de la presse»
Un travail journalistique a priori normal et équilibré. Mais qui n’a pas plu aux ostréiculteurs, qui ont donc lundi soir mis le feu à des palettes et pneus devant le siège du journal. Les flammes se sont ensuite propagées au portail du site. «Derrière les grilles, les manifestants ont insulté les journalistes et les personnels présents, leur reprochant le traitement médiatique de la crise sanitaire qu’ils traversent et les menaçant de représailles», écrit Midi Libre. Les manifestants, «qui auraient déclaré leur intention de rester devant les grilles toute la nuit pour bloquer l’accès au journal et la distribution de nos éditions» ont finalement été évacués vers 23 h 30 par «une soixantaine de gendarmes mobiles».
«La violence et la stupidité ont franchi un nouveau cap», s’indigne dans un éditorial le directeur de la rédaction de Midi Libre, Olivier Marino. Pour lui, cette manifestation constitue une «atteinte injustifiable à la liberté de la presse» : «Rappeler l’interdiction sanitaire de consommer des huîtres du bassin de Thau n’est pas une opinion, c’est un devoir d’information et de santé publique. […] Ce climat de haine, alimenté par ceux qui désignent la presse comme le bouc émissaire de leurs propres turpitudes, est devenu intolérable. Il est d’autant plus aberrant que nos rédactions se battent tous les jours pour défendre la cause de nos territoires et de ceux qui les font vivre.»




