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«Loi poison»

Lille, Brest, Arles, Metz… des dizaines de rassemblements prévus dans toute la France ce week-end contre la nouvelle loi Duplomb

Répondant à l’appel de 80 organisations, une trentaine de manifestations sont annoncées ce samedi et dimanche en France. Elles comptent faire entendre leur opposition sur la nouvelle proposition de loi prévoyant de réintroduire des pesticides interdits, notamment l’acétamipride.

Manifestation «Climat, justice, libertés», pour protester notamment contre la loi Duplomb, à Paris, le 28 septembre 2025. (Jérôme Gilles/NurPhoto. AFP)
Publié aujourd'hui à 10h10

«Loi poison», «Mange, t’es mort», «Le cancer vote à droite»… Les pancartes vont reprendre du service de samedi 7 et dimanche 8 février à travers la France. Plus de 80 organisations opposées à la nouvelle loi agricole du sénateur Les Républicains Laurent Duplomb appellent à manifester contre sa proposition visant à réintroduire des pesticides interdits.

Le collectif Nourrir, qui rassemble notamment Greenpeace, la Confédération paysanne, Oxfam, Foodwatch, WWF, dénonce dans son appel à la mobilisation une «accumulation d’annonces» sur l’agriculture et l’environnement qui «tournent le dos à l’intérêt général».

De Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, à Albi dans le Tarn, des dizaines de rassemblements sont annoncés, pour s’opposer à ces textes, mais aussi à des projets législatifs européens, porteurs selon eux de «reculs environnementaux majeurs», au «mépris de la santé publique» et sans pour autant répondre aux problèmes du monde agricole. Les heures et lieux de rassemblement sont accessibles sur cette carte en ligne.

Le rassemblement parisien aura lui lieu mercredi, jour d’un débat à l’Assemblée sur la loi dite Duplomb. Adoptée cet été, cette dernière prévoit notamment de faciliter le stockage de l’eau et l’agrandissement de bâtiments d’élevage.

L’acétamipride pointé

La disposition la plus contestée de ce texte - la réautorisation de l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde toxique pour les abeilles - a toutefois été censurée par le Conseil constitutionnel «faute d’encadrement suffisant» sur la durée, le type ou la technique de traitement et sur les filières concernées.

La réintroduction de l’acétamipride, toxique pour la biodiversité et potentiellement pour la santé humaine, était réclamée par les syndicats agricoles FNSEA et Coordination rurale. L’enjeu est important, soulignent-ils, pour les producteurs de betteraves sucrières et de noisettes qui affirment n’avoir aucune solution pour protéger efficacement leurs cultures.

Une pétition réclamant l’abrogation de la loi Duplomb a réuni plus de 2,1 millions de signatures, franchissant largement la barre des 500 000 signatures permettant le débat prévu mercredi à l’Assemblée nationale.

Sans même attendre la tenue d’un débat (sans vote) sur ce texte, le sénateur LR est revenu à l’offensive, déposant le 2 février une nouvelle proposition de loi visant à autoriser la réintroduction encadrée et limitée dans le temps de pesticides actuellement interdits, l’acétamipride et le flupyradiflurone, ciblant les cultures de la betterave sucrière, mais aussi de pommes, noisettes et cerises. A gauche comme au Modem, des voix se sont élevées, évoquant une «provocation totale» et une «une nouvelle charge trumpiste», selon les mots de la députée LFI Aurélie Trouvé.

Pour les organisations mobilisées ce week-end, les mobilisations agricoles contre la dermatose nodulaire contagieuse ou contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur «ont montré que la loi Duplomb ne répondait à aucune des réelles problématiques qui se posent aux mondes agricoles», en premier lieu, «la garantie d’un revenu digne».

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