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Crise agricole

Mercosur : les syndicats d’agriculteurs reçus par Emmanuel Macron à l’Elysée

Après leur mobilisation à Bruxelles le jeudi 18 décembre, la signature de l’accord commercial entre l’UE et la zone de libre-échange sud-américaine avait été reportée au mois de janvier.

Un point de blocage de l'A10, près de Poitiers, le 16 décembre 2025. (Estelle Ruiz/Hans Lucas. AFP)
Publié le 23/12/2025 à 15h56, mis à jour le 23/12/2025 à 21h07

La FNSEA, les Jeunes agriculteurs (JA), la Coordination rurale et la Confédération paysanne ont été reçus l’après-midi ce mardi par le président Emmanuel Macron pour un rendez-vous autour de l’accord UE-Mercosur. «Le message de la FNSEA au Président de la République restera inchangé, ferme et clair : Mercosur = NON», avait indiqué le syndicat majoritaire dans un communiqué, reprenant la position unanime des représentants agricoles s’agissant de l’accord commercial entre l’Union européenne et la zone de libre-échange sud-américaine.

«L’objet du rendez-vous, c’était d’essayer d’éteindre un peu le feu qui est partout dans les campagnes», a souligné Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne, à la sortie de la rencontre, ajoutant qu’il fallait pour cela «des mesures structurelles fortes». «La balle a été transmise, maintenant elle est dans leur camp», a renchéri Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs.

Les syndicats disent avoir par ailleurs rappelé au chef de l’Etat «l’extrême tension» et la «colère» du monde agricole et que des réponses étaient attendues «dès les premiers jours de janvier» sur le Mercosur mais aussi sur les crises sanitaires, au premier rang desquelles la dermatose bovine et la grippe aviaire.

C’était la première rencontre entre le chef de l’Etat et les syndicats agricoles depuis début décembre et l’amorce de la crise qui secoue l’élevage français, face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

«Sur le traité du Mercosur, la position de la France est ferme», a affirmé de son côté le Premier ministre Sébastien Lecornu, après le rendez-vous des syndicats agricoles à l’Elysée. «Aucun accord ne sera accepté s’il fragilise nos filières ou impose une concurrence déloyale. Le texte a évolué, mais le compte n’y est toujours pas», a ajouté le Premier ministre, qui doit à nouveau rencontrer les syndicats agricoles le 5 janvier.

Vers une signature le 12 janvier ?

En l’état, les syndicats ont obtenu, après leur mobilisation en fin de semaine dernière à Bruxelles, que le calendrier de signature de l’accord soit décalé au mois de janvier, après intermédiation de la présidente du conseil italien Giorgia Meloni auprès du président Lula, particulièrement impliqué sur le sujet. La nouvelle date de signature pourrait arriver le 12 janvier, selon plusieurs sources diplomatiques à l’AFP.

S’il était adopté, le texte faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées. Il permettrait en revanche aux Européens d’exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud.

«Nous ne nous contentons pas de nous opposer à cet accord. En l’état, nous obtenons des concessions inédites au bénéfice de nos agriculteurs, que cet accord soit signé ou qu’il ne le soit pas», a déclaré lors des questions au gouvernement mardi Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, citant des «mesures miroir pour garantir la réciprocité», des «contrôles douaniers» et des clauses de sauvegarde. Emmanuel Macron s’était félicité du report de la signature, en demandant que les «avancées» réclamées par la France et l’Italie se concrétisent afin que «le texte change de nature».

«Les avancées que le président de la République nous porte ne nous conviennent pas», a une nouvelle fois martelé mardi soir le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, à la sortie de l’Elysée. «Importer du reste de la planète des produits qui ne correspondent pas aux standards européens et à ce qu’on nous demande tous les jours dans nos fermes, ça n’est pas possible», a-t-il redit.

Mise à jour 21 h 07 avec les déclarations des représentants agricoles et de Sébastien Lecornu

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