Un Salon de l’agriculture sans vache ? Grandes stars de l’événement organisé chaque année au parc des Expositions à Paris, les bovins risquent d’être quasi absents du Salon de l’agriculture en raison de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui touche les élevages français. Les organismes de sélection, qui présentent habituellement les races bovines comme les célèbres charolaises, limousines et prim’holstein, ont annoncé ce mercredi 7 janvier renoncer au Concours général agricole, principal pourvoyeur de bovins du salon.
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Des échanges sont en cours «afin d’étudier les conditions dans lesquelles une présence de bovins, même limitée et symbolique, pourrait néanmoins être envisagée, via un nombre restreint d’animaux, dans une logique de souplesse adaptée, pleinement compatible avec les impératifs sanitaires», ont affirmé les organisateurs de l’événement parisien.
Ce serait la première fois, depuis sa création en 1964, que le Salon de l’agriculture n’accueillerait pas de vaches. Ce sont pourtant elles qui attirent les visiteurs mais aussi des revenus pour les éleveurs, qui espèrent remporter des prix ou vendre leurs meilleurs taureaux et génisses. Une décision sur leur présence, ou pas, sera annoncée mi-janvier, alors que le salon a lieu du 21 février au 1er mars.
Cochons, moutons, chats et chevaux bien présents
«Les autres animaux seront bien présents», ont précisé les organisateurs. Cela inclut les cochons, moutons, brebis et lapins mais aussi de nombreux chats, chiens, chevaux et ânes. Pas de volailles en revanche, absentes depuis plusieurs années en raison de la grippe aviaire. L’édition 2025 avait accueilli 4 000 animaux dont plusieurs centaines de bovins, qui occupent traditionnellement la majorité de l’immense hall 1 Porte de Versailles.
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est arrivée pour la première fois en France en juin dernier, d’abord en Savoie où elle a sévi tout l’été, puis dans le Sud-Ouest où les abattages de troupeaux infectés ont ravivé la colère des agriculteurs.
Décryptage
Les mouvements d’animaux sont interdits depuis les zones touchées par la maladie mais encore autorisés depuis les zones indemnes ou des zones vaccinées et n’ayant plus déclaré de cas depuis 45 jours (comme la Savoie).
Mais ces derniers jours, plusieurs organismes de sélection ont annoncé renoncer au salon par précaution. Le Sommet de l’élevage de Cournon (Auvergne) en octobre avait pris la même décision mais ce dernier est un salon surtout destiné aux professionnels quand les vaches sont une attraction pour attirer le grand public au salon parisien.
«Dans un contexte particulièrement difficile pour l’élevage français, la responsabilité collective est de continuer à offrir aux filières un espace de visibilité, de dialogue avec les Français», expliquent les organisateurs de l’événement parisien dans leur communiqué. «Les vaches sont les stars du salon, mais il n’y a pas que les vaches», a souligné la ministre de l’Agriculture Annie Genevard sur France Info ce mercredi matin, peu avant l’annonce de l’annulation de leur venue.
La question sera de savoir si Biguine, vache brahman égérie de l’édition 2026, venue spécialement de Martinique, pourra quand même être présente.




