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Grand banditisme, contrebande, sociétés écrans, passeurs, intermédiaires… Parle-t-on de coke ? de crack ? Non. Juste de la civelle, l’alevin de l’anguille. Une petite bête translucide d’une demi-douzaine de centimètres et pesant 0,3 gramme, qui alimente un intense et juteux trafic international évalué par Europol à 2,5 voire 3 milliards d’euros par an.
«Autrefois, on considérait les civelles comme un plat de pauvres, raconte Guillaume Rulin, chef de projet domaine marin à l’Office français de la biodiversité (OFB). On les pêchait, on les faisait frire, et ce qu’on ne mangeait pas, on le donnait aux poules.» Mais dans les années 80, la pêche commence à faire décroître leurs populations, alors que la demande, elle, ne faiblit pas. Mécaniquement, les prix s’envolent, les civelles deviennent un nouvel «or blanc». Le kilo se négocie aujourd’hui plus cher que le caviar : autour de 500 euros à la sortie du bateau, entre 800 et 1000 euros sur le marché noir. En Chine, il est revendu entre 5 000 et 7 000 euros. Voire plus.
Demande asiatique
Pour comprendre cet emballement, il faut remonter à la source. L’anguille ne se reproduit que dans la mer des Sargasses, située au nord-est des Antilles. Là, les larves voient le jour, croissent. Puis, portées par le Gulf Stream, elles entament un voyage de 6




