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A la tombée de la nuit, l’observateur aguerri peut parfois apercevoir, dans les rivières australiennes, l’étrange bec d’un animal à fourrure épaisse qui glisse furtivement à la surface de l’eau. Une créature fabuleuse, tenant pour partie de l’oiseau, du mammifère, du reptile et même du poisson, et qui a longtemps constitué un mystère pour les scientifiques. D’ailleurs, en 1799, lorsque l’éminent zoologiste anglais George Shaw découvre la dépouille envoyée par bateau d’Australie à Londres, il n’en croit pas ses yeux. Un canular ? A l’époque, les taxidermistes asiatiques sont passés maîtres dans la confection de chimères et le scientifique est prudent. «De tous les mammifères connus à ce jour, écrira-t-il, il apparaît comme le plus extraordinaire dans sa configuration ; affichant ce qui semble un parfait de bec de canard greffé à une tête de quadrupède.» Après examen, il se rend à l’évidence : l’animal est authentique.
Il faudra de longues années de spéculations et d’observation pour appréhender la vraie nature de cette «taupe amphibie» à pattes palmées, qui vit dans l’eau mais dort dans un long terrier, possède un cloaque mais aussi des glandes mammaires, pond des œufs mais allaite ses petits. Baptisé Platypus puis Ornithorhynchus anatinus, l’animal finira




