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Elles «prêtent attention à la façon dont nous parlons» : crier permet de faire fuir les mouettes, selon une étude

Un article scientifique publié par des chercheurs de l’université anglaise d’Exeter ce mercredi 12 novembre révèle que ces oiseaux sont sensibles au ton employé, ce qui pourrait être une première chez une espèce sauvage.

Les chercheurs britanniques ont soumis trois enregistrements différents à 61 mouettes. (Maxime Gruss/Hans Lucas. AFP)
Publié le 12/11/2025 à 18h04

N’ayez pas peur d’élever la voix. Pour éloigner les mouettes qui convoitent votre goûter le long de la plage, inutile de faire de grands gestes ou de frapper dans ses mains : rien n’est plus efficace que de crier, selon une étude publiée ce mercredi 12 novembre par des chercheurs de l’université d’Exeter en Angleterre. Spécialisés dans le comportement animalier, ces scientifiques se sont rendus dans neuf villes côtières des Cornouailles, dans le sud-ouest de l’Angleterre, et ont observé pas moins de 61 mouettes.

Pour tester leurs hypothèses, ils ont stratégiquement placé des chips dans des endroits où les volatiles les trouveraient facilement. Dès lors qu’une mouette ayant fleuré l’aubaine commencer à s’approcher, les chercheurs diffusaient trois enregistrements différents. Dans le premier, une voix masculine criait : «Non, ne t’approche pas, c’est ma nourriture, c’est ma pâtisserie !» Même script pour le deuxième, mais sur le ton de la conversation. Quand au troisième, il s’agissait d’un simple chant de rouge-gorge.

Un niveau sonore pourtant similaire

Les résultats ne laissent pas de doute sur la meilleure façon de se débarrasser de ces oiseaux, qui savent mieux que quiconque comment gâcher une relaxante pause déjeuner sur la plage : près de la moitié des oiseaux exposés aux cris se sont envolés en moins d’une minute. Les mêmes mots prononcés en parlant normalement ont eu moins de succès : seulement 15 % des mouettes ont pris leur envol. Les vaillantes se sont cependant éloignées de la nourriture, flairant le danger.

Quant au chant du rouge-gorge, il s’est avéré bien peu efficace : 70 % des mouettes exposées à la mélodie sont restées près de la nourriture pendant toute la durée de l’expérience.

Les enregistrements des cris et mots prononcés en parlant ont été diffusés au même niveau sonore. «C’était juste la façon dont les mots étaient prononcés qui était différente», explique Neeltje Boogert, membre du centre pour l’Ecologie sur le campus Penryn à Exeter en Cornouailles. «Il semble donc que les mouettes prêtent attention à la façon dont nous parlons, ce qui, à notre connaissance, n’a jamais été observé chez aucune espèce sauvage», a-t-elle poursuivi. «Lorsque vous essayez d’effrayer une mouette qui tente de voler votre nourriture, parler peut les arrêter dans leur élan, mais crier est plus efficace pour les faire s’envoler», conclut la chercheuse.

Cette expérience visait à démontrer que la violence physique n’est pas nécessaire pour éloigner les mouettes. «Nous voulons éviter que les gens les blessent», souligne Neeltje Boogert, qui insiste sur le fait qu’«il existe des moyens pacifiques (pour les éloigner) sans recourir au contact physique». Alors la prochaine fois qu’une mouette menace votre pique-nique paisible en bord de mer, choisissez la non-violence et hurlez-lui dessus.

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