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Canis lupus

Estimé à 1 082, le nombre de loups en France est relativement stable en 2025

A la veille de nouvelles mesures prévues pour 2026 et facilitant l’abattage de loups, la population de l’animal se maintient, selon l’Office français de la biodiversité.

L’Etat inaugurera en 2026 un assouplissement de sa politique de régulation de la population du canidé, permettant de tirer sur un loup sans autorisation. (Romain Costasecca/Hans Lucas. AFP)
Publié le 28/11/2025 à 10h57

Malgré un statut déclassé par la Commission européenne, passant d’espèce «strictement protégée» à seulement «protégée» au printemps dernier, le loup tient bon en France. Comme anticipé par l’Observatoire du loup, la mesure votée par l’extrême droite et la droite européennes n’a pas changé grand chose en France, qui s’autorisait déjà des dérogations à la précédente réglementation européenne. La population est restée plutôt constante en 2025, avec 1 082 individus, soit 69 de plus en un an, selon l’étude annuelle de l’Office français de la biodiversité (OFB) citée vendredi par la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes (Aura).

759 attaques

La population des loups «s’établit désormais, avec un intervalle de confiance à 95 %, entre 989 et 1 187 individus, pour un effectif moyen estimé à 1 082 loups», écrit dans un communiqué la préfecture de la région, référente pour l’Etat sur le sujet. Cette estimation de l’OFB, «bien que légèrement supérieure à celle de 2024 (1 013 loups), confirme la tendance à la stabilisation des effectifs constatée ces dernières années», ajoute-t-elle.

Ce chiffre est particulièrement attendu chaque année, car la présence de loups en France représente une question épineuse. Les syndicats d’éleveurs de montagne, qui font part d’une multiplication des assauts des canidés sur les troupeaux, réclament inlassablement une augmentation du quota d’abattage annuel autorisé par l’Etat, actuellement de 19 % de la population estimée.

En mai dernier, Annie Genevard, alors ministre de l’Agriculture, évoquait un décompte de «759 attaques et 2 617 bêtes prédatées».

Dans le cadre d’un nouveau plan national, l’Etat inaugurera en 2026 un assouplissement de sa politique de régulation de la population du canidé en permettant aux éleveurs de brebis, chèvres, vaches ou chevaux, d’abattre l’animal sans son autorisation préalable. Elle était obligatoire jusqu’alors, mais seulement en cas d’attaque de troupeaux. A l’avenir, un éleveur pourra ouvrir le feu sur un loup puis déclarer l’avoir fait a posteriori aux autorités.

«L’ouverture d’une chasse aux loups»

Cette annonce, fin septembre dernier, n’avait pas apaisé la colère les éleveurs qui protestent contre le maintien du quota d’abattage annuel de 19 % de la population lupine. Dénonçant un «renoncement inacceptable», les syndicats Jeunes agriculteurs et FNSEA ont critiqué dans un communiqué daté de jeudi 27 novembre «un texte creux» du gouvernement qui «ne garantit pas une protection effective des troupeaux». De plus, les organisations agricoles accusent régulièrement l’Etat de volontairement sous-estimer la population des loups et donc le quota de prélèvements autorisés.

Ces nouvelles mesures inquiètent les collectifs de défense des animaux : sur son site web, l’association écologiste France Nature Environnement, dénonce «l’ouverture d’une chasse aux loups», et WWF France, quant à elle, pointe «un non-sens d’un point de vue de l’écologie du loup».

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