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Escalade

Japon : après l’armée, des policiers retraités à la rescousse contre les attaques d’ours

Le gouvernement fait appel ce vendredi 14 novembre aux forces de l’ordre pour lutter contre les plantigrades, responsables de 13 morts depuis avril.

Dans la préfecture d'Akita, au Japon, le 25 octobre 2025. (Caroline Gardin/AFP)
Publié le 14/11/2025 à 12h03

La guerre contre les ours n’en finit pas au Japon. Après avoir mobilisé l’armée pour lutter contre les plantigrades, le gouvernement fait désormais appel aux policiers retraités, alors que l’archipel fait face à une vague record d’attaques mortelles cette année, a déclaré ce vendredi 14 novembre un haut responsable gouvernemental.

Le secrétaire général du gouvernement, Minoru Kihara, a présidé une réunion ministérielle spéciale et approuvé un train de mesures prévoyant notamment de faire appel à des personnes expérimentées dans le maniement des armes à feu, comme des policiers et militaires à la retraite, pour participer aux efforts de régulation de la population d’ours.

Le plan adopté ce vendredi par le gouvernement «vise à réduire la surpopulation d’ours en les éloignant des zones habitées et en intensifiant les efforts de capture», a déclaré Minoru Kihara lors d’une conférence de presse.

Treize morts – plus du double de l’année dernière et un record depuis l’établissement de statistiques – ainsi que plus de 100 blessés ont été recensés dans des attaques d’ours depuis le début du mois d’avril dans l’archipel.

Policiers antiémeute et soldats

Des incidents sont rapportés presque quotidiennement : plantigrades errant dans des zones résidentielles, entrant dans des maisons, dévastant des supermarchés ou s’approchant d’écoles, semant notamment la panique dans les départements d’Akita et Iwate (Nord-est), où la plupart des attaques ont eu lieu.

Certaines municipalités ont déjà affecté des policiers antiémeute pour épauler les chasseurs locaux chargés de piéger et d’abattre les ours. Les policiers japonais, munis de fusils, sont par ailleurs eux-mêmes autorisés depuis jeudi à abattre des ours après l’assouplissement des règles draconiennes du pays sur les armes à feu.

L’armée a également été déployée depuis la semaine dernière dans les deux départements du Nord-est, mais les soldats ne sont pas armés. Equipés de sprays anti-ours, bâtons, boucliers, lunettes de protection, gilets pare-balles et lance-filets, ils aideront à transporter des pièges à ours, des chasseurs et des animaux capturés.

Minoru Kihara a indiqué que, dans le cadre des mesures gouvernementales, des subventions seront proposées aux municipalités pour les aider à gérer la présence des ours, notamment pour la réalisation de recensements et l’abattage sélectif au printemps après leur hibernation.

Une pénurie de nourriture, notamment de glands, a poussé cette année certains ours, dont la population est en pleine expansion dans l’archipel, à s’aventurer dans les villes, tandis que la dépopulation des zones rurales a brouillé les frontières entre forêts et zones urbaines, selon les chercheurs.

L’ambassade des Etats-Unis à Tokyo a posté mercredi sur son site «une alerte concernant la faune sauvage», pour enjoindre à ses ressortissants d’éviter de randonner seuls dans les zones où des ours ont été aperçus, ou bien de ne pas s’y rendre.

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