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Come-back

Le chat sauvage, mammifère le plus menacé du Royaume-Uni, bientôt de retour en Angleterre après plus d’un siècle d’absence

Au terme d’une étude de plus de deux ans, l’association «South West Wildcat Project» révèle ce mardi qu’une cinquantaine de félins européens pourraient être accueillis dans le sud-ouest de l’Angleterre à partir de 2028. Sans aucun danger pour les humains, le bétail ou les animaux de compagnie.

Chat sauvage d'Écosse (Felix silvestris), Devon, Angleterre, Royaume-Uni. (Janette Hill/collection Christophel)
Publié le 18/11/2025 à 18h30

Après plus de 100 ans d’absence, le Felis silvestris pourrait faire son grand retour sur les terres britanniques. Ce chat sauvage européen, l’un des mammifères les plus menacés du Royaume-Uni, chassé jusqu’à l’extinction, persécuté par les hommes et décimé par la disparition des habitats forestiers –jusqu’à ne vivre aujourd’hui que dans les régions les plus reculées d’Ecosse – sera prochainement réintroduit dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Au total, alors que l’espèce compte aujourd’hui seulement 115 individus à l’état sauvage dans les Highlands, en Ecosse, l’enquête menée depuis 2023 par un ensemble d’organisations réunies au sein du South West Wildcat Project, et publiée ce mardi, conclut qu’une cinquantaine d’animaux pourraient être réintroduits dans la région du Devon central à partir de 2028. Cette région est en effet particulièrement boisée, fournissant abri et tanières en quantité. Ses nombreuses prairies et ses broussailles font également de cette région un parfait terrain de chasse pour l’espèce au statut protégé depuis 1988.

Selon la vaste étude pilotée par l’Université d’Exeter, plus de 80 % des personnes interrogées dans la région sont favorables à la réintroduction de ce félin, au gabarit plus imposant qu’un chat domestique. «Le retour de cette espèce en danger critique d’extinction constituerait une nouvelle étape dans la restauration de notre faune sauvage indigène et contribuerait à rééquilibrer les écosystèmes locaux», s’est ainsi félicitée Cath Jeffs, responsable du projet au Devon Wildlife Trust.

Des mesures de protection pour les poules

Le retour du Felis silvestris ne poserait, selon l’étude, aucun danger pour les humains, le bétail ou les animaux de compagnie. Ni aucune menace pour les populations d’animaux sauvages menacées existantes, comme les chauves-souris et les loirs. Son régime alimentaire se compose principalement d’espèces communes et répandues, dont 75 % de petits mammifères comme les campagnols, les rats, les mulots et les lapins. Des mesures de protection pourraient par ailleurs être érigées pour les volailles, en cas de potentielles attaques, comme ce qui a été instauré pour les renards.

Face aux préoccupations des agriculteurs et des propriétaires fonciers dans la zone désignée, Cath Jeffs précise auprès de la BBC qu’aucun emplacement précis n’a encore été désigné. Elle précise également que ce projet de réintroduction devra être mené de pair avec un programme de stérilisation des chats errants et domestiques. Ces derniers menacent en effet la sécurité génétique des chats sauvages des Highlands.

«Il reste encore beaucoup de travail à accomplir avant que les premiers chats sauvages puissent être relâchés dans le Sud-Ouest. Nous sommes absolument déterminés à ce que cela se réalise, mais de la bonne manière et au bon moment. Un dialogue honnête et ouvert avec les parties prenantes sera essentiel», conclut la responsable du projet.

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