La truite est-elle une alternative plus écologique et moins chère à son cousin le saumon ? La filière française en produit près de 40 000 tonnes par an, vendues en portions pour atterrir dans nos ribotes hivernales puisque la truite fait partie des poissons les plus consommés par les Français. Répartie sur environ 600 sites piscicoles, la truite arc-en-ciel domine sans partage, représentant à elle seule près de 98 % des salmonidés élevés en France dans ses bassins alimentés à l’eau douce de nos rivières. Cette proximité géographique entretient le récit d’un élevage vertueux, maîtrisé, presque artisanal. Reste à savoir si ce changement d’espèce permet réellement de réduire la catastrophe environnementale due à la production de saumon.
Les deux espèces restent en effet des poissons carnivores. «Pour une croissance optimale, il faut environ 30 % de protéines pour la truite», explique Sandrine Skiba-Cassy, spécialiste de l’alimentation aquacole à l’Inrae. En France, depuis les années 90, les granulés distribués dans les bassins sont composés de «15 à 20 % de protéines d’origine animale». Le reste provenant désormais de sources végétales. Cette part animale est couramment appelée farine ou huile de poisson, fabriquée à partir d’anchois, de chinchards, de sardines, sardinelles ou de maquereaux




