Les dauphins du Marineland ont peut-être enfin trouvé un nouveau refuge. Une structure d’accueil consacrée aux cétacés verra le jour au ZooParc de Beauval en mars 2027 ; un projet qui pourrait recevoir les douze individus du parc d’Antibes.
La structure, étalée sur deux hectares et demi de surface, comprendrait sept bassins, «dont trois immenses lagons», et deviendra un centre d’études, de recherche scientifique et de sauvegarde des dauphins. «Il y aura des vagues, des courants marins, des îles», décrit le directeur général du zoo, Rodolphe Delord, affirmant «recréer un environnement inédit» avec de «nombreux poissons».
Le financement du projet, évalué à 25 millions d’euros par Beauval, sera entièrement porté par le ZooParc aux 35 000 animaux et deux millions de visiteurs en 2023. Les travaux commenceront début 2026 et doivent se terminer en mars 2027.
«C’est un projet responsable, durable et utile, qui va améliorer la situation des animaux», a déclaré à la presse le ministre délégué de la Transition écologique Mathieu Lefèvre lors d’un déplacement à Beauval, assurant que la loi de 2021, qui interdit à partir de décembre 2026 les spectacles de cétacés, serait respectée.
«Eviter le pire»
Le ZooParc précise qu’il accueillera avec certitude les onze dauphins du parc animalier Planète sauvage, près de Nantes, comprenant un delphinarium qui va cesser ses animations autour de l’espèce.
En revanche, rien n’est certain pour les douze du Marineland d’Antibes, fermé au public depuis janvier, qui vivent dans des conditions de plus en plus précaires. D’après le ministre, leur accueil au Zoo de Beauval est la «meilleure possibilité» ; mais ces cétacés sont «la propriété du Marineland, et il faut que nous puissions échanger pour que, in fine, ces dauphins arrivent ici, soient mieux soignés, mieux traités», a-t-il souligné.
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Cette structure serait la «solution pour éviter le pire des scénarios pour ces douze dauphins», estime auprès de l’AFP la présidente de l’ONG Sea Shepherd Lamya Essemlali. «On travaille avec Beauval sur la rédaction d’une charte et la pose de garde-fous», ajoute-t-elle, consciente que «le projet vise à être commercialement viable». Leur hébergement à Beauval permettrait de maintenir les animaux en France, «sans craindre un départ de ces animaux vers l’Espagne, puis vers la Chine, où ils seront séparés et utilisés pour des spectacles», note-t-elle.
«Ce qui se passe aujourd’hui en France avec la question de la captivité des dauphins est précurseur de ce qui va se passer au niveau européen», où «une soixantaine de dauphins sont en attente dans des delphinariums qui sont en train de s’écrouler», ajoute la présidente de l’ONG.
Un projet «démentiel»
Toutes les associations de protection des animaux ne s’accordent pas sur le sujet. One Voice dénonce «un retour en arrière inacceptable», arguant qu’une autre «voie existe – celle des véritables sanctuaires marins».
«Ma priorité est le bien-être de ces animaux», répond le directeur général de Beauval Rodolphe Delord à l’AFP, évoquant une structure faite «à la demande du gouvernement et des associations». «Le projet est prêt. C’est quelque chose de démentiel, jamais construit dans le monde», se félicite-t-il.
La situation sociale des soigneurs du Marineland fait aussi partie des préoccupations évoquées par le ministre et le ZooParc. «Je m’engage à faire en sorte que les soigneurs animaliers de Planète Sauvage, qui s’occupent des dauphins, et du Marineland d’Antibes puissent être recrutés à Beauval», a annoncé Rodolphe Delord.
Si cette solution a été proposée pour les dauphins, les deux orques du Marineland n’ont toujours que leur bassin pour seul horizon. «Le ministère suit la situation quotidiennement et essaie d’explorer l’ensemble des pistes qui nous permettront de transférer ces orques», a assuré Mathieu Lefèvre. Wikie, 24 ans, et son fils Keijo, 12 ans, continuent à tourner en rond dans leur bloc de béton au cœur du parc désert.




