Un dépassement de près de 10 % des limites autorisées. D’après le collectif d’opposants La voie est libre (LVEL), qui se base sur des photos prises sur place et des images satellites, plusieurs sites du chantier de l’A69 entre Toulouse et Castres empiéteraient sur des parcelles non déclarées dans le dossier de demande d’autorisation environnementale délivré par l’Etat, rapporte France Inter ce jeudi 27 novembre. Ces zones représenteraient 42 hectares des 430 du chantier, soit environ 10 %.
A l’aide d’images satellites, France Inter explique avoir pu confirmer que «87 % des surfaces identifiées par LVEL se situent effectivement en dehors du tracé validé par les autorités». Plusieurs propriétaires fonciers auraient par ailleurs été contactés ces derniers mois par le concessionnaire Atosca qui souhaitait leur racheter de nouvelles parcelles. Auprès de la Radio, Geoffrey Tarroux, le porte-parole de LVEL, parle d’un chantier «hors de contrôle» et «totalement à la dérive». Selon lui, un quart du dépassement se ferait sur des zones destinées «à accueillir des mesures dites de compensation environnementale» (qui devraient par exemple être reboisées mais qui ont été en réalité détruites par le chantier).
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Contacté mercredi par France Inter, Atosca explique ne pas pouvoir faire de «recensement exhaustif des zones ciblées» avant la publication des informations de la radio, tout en expliquant que les surfaces concernées «correspondent aux opérations autorisées ou, ponctuellement, à des adaptations mineures» et que «leur impact est dans tous les cas pris en compte dans les mesures compensatoires du projet». De son côté, la préfecture du Tarn dit contrôler en «continu l’exécution du chantier» et qu’en cas de non-respect des prescriptions de l’autorisation environnementale, cela fera «l’objet d’une action administrative».
Plainte et saisine
Me Alice Terrasse, l’une des avocates des associations d’opposants à l’autoroute, a annoncé son intention de saisir la ministre de la Transition écologique pour lui demander «de lancer sans délai une mission d’inspection qui sera confiée à l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD)» et de suspendre le chantier, rapporte Ici Occitanie. La voie est libre a également annoncé qu’il allait déposer une plainte pénale au pôle régional environnement du parquet de Toulouse.
Depuis les premiers coups de pioche au printemps 2023, le chantier est contesté. L’opposition a pris différentes formes (manifestations, grèves de la faim, occupations d’arbres au cœur de «zones à défendre» ou recours juridiques), faisant de l’A69 un emblème national des luttes environnementales contre des projets que les militants écologistes jugent dépassés à l’heure du changement climatique.
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Le 11 décembre, la cour administrative d’appel de Toulouse va tenir une audience décisive puisqu’elle doit examiner sur le fond la validité de l’autorisation environnementale qui avait permis le lancement des travaux. Celle-ci a été annulée par le tribunal administratif de Toulouse le 27 février dernier. La cour d’appel a depuis provisoirement autorisé une reprise du chantier, avant de se prononcer sur le fond.




