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Interview

Blocage de la COP15 biodiversité : «L’état des discussions sur la question du séquençage génétique est navrant»

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L’économiste de l’environnement Catherine Aubertin détaille l’important désaccord entre les Nord et les Sud dans les négociations à Montréal. La question des séquences génétiques numérisées (DSI) met en péril l’adoption d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité.

Durant la session d'ouverture de la COP15 biodiversité à Montréal, mercredi. (Andrej Ivanov/AFP)
Publié le 11/12/2022 à 12h32

C’est un sujet qui fâche, au point qu’il menace l’obtention d’un accord à l’issue de la COP15 biodiversité, laquelle a lieu jusqu’au 19 décembre à Montréal. Les pays industriels «riches en technologies» et les pays en développement «riches en biodiversité» – pour résumer à gros traits – s’écharpent autour des séquences génétiques numérisées, ou DSI (Digital Sequence Information), et du partage des avantages découlant de leur utilisation. Une question très technique sur laquelle les négociations à la COP15 se focalisent, en oubliant l’enjeu de fond : la nécessité absolue de préserver la richesse du vivant sur Terre. Entretien avec Catherine Aubertin, économiste de l’environnement, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et codirectrice de l’ouvrage la Nature en partage - Autour du protocole de Nagoya (IRD Editions /Muséum national d’histoire naturelle, 2021).

Qu’est-ce que l’information de séquençage numérique, ou DSI ?

Pour étudier un être vivant, la recherche accède à l’information génétique de son génome, stockée sous la forme d’ADN. Les séquences sont des morceaux de cet ADN constitué d’une suite de molécules appelées nucléotides (ACTG). Les techniques de séquençage existent depuis les années 90 et sont en plein essor. Elles perm

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