«Ah, voilà notre grande victime du cerf.» Ce 27 janvier, au cœur de sa forêt, Francis Dopff, vice-président de l’association écologiste Alsace Nature, tripote les frêles branches d’un jeune sapin à l’allure de bonsaï. Tous ses bourgeons – «de vrais bonbons pour les cervidés» – ont été grignotés. «Ça fait des années que ça dure. Il a été brouté, rebrouté, et à cause de cela, il ne deviendra jamais un grand arbre», regrette l’ancien éleveur de chèvres. A quelques mètres de là, sa ferme, bâtie à flanc de colline, surplombe les vertes vallées alsaciennes et la petite ville d’Orbey (Haut-Rhin). Au loin, la météo capricieuse dissimule les Alpes. Et alors que le vent se lève et que menace l’averse, Francis Dopff s’arrête au milieu d’un chemin envahi par les ronces. «Je suis très inquiet. Moi, ça fait trente ans que j’essaie de transformer cette monoculture d’épicéas en forêt diversifiée. Mais ça ne marche pas, parce que les cerfs mangent tout, accuse l’écologiste, en balayant de la main un paysage boisé dépourvu de jeunes pousses. Il n’y a plus de régénération naturelle.»
Faune et flore
«C’est le monde à l’envers» : en Alsace, les chasseurs refusent d’abattre plus de cerfs
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Dans le Haut-Rhin, où 2 000 cervidés devaient être tués d’ici février, les chasseurs n’ont volontairement pas atteint ce quota, assurant que l’herbivore est en danger. Une association écologiste plaide, elle, pour une régulation plus efficace de l’espèce, qui empêche la régénération naturelle des forêts.
Mittlach, 27 janvier 2025. Chalet de chasse. (Pascal Bastien/Libération)
Publié le 01/02/2025 à 11h00
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