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Pan sur le bec

Chasse à l’alouette : le Conseil d’Etat désavoue une fois de plus le gouvernement

L’institution a décidé ce mercredi de suspendre l’arrêté ministériel pris fin août, nouvelle tentative de l’exécutif de contourner une directive européenne transposée dans le Code de l’environnement.

Le gouvernement tentait une fois de plus d'autoriser à nouveau la chasse de l'alouette des champs. (Jean-François Cornuet /Jean-François CORNUET / Naturimages)
Publié le 24/09/2025 à 19h36

Le Conseil d’Etat, saisi au sujet de la chasse à l’alouette des champs, a une fois de plus désavoué mercredi le gouvernement, qui tentait de nouveau d’autoriser la méthode des filets dits «pantes».

Saisie par deux associations de défense des animaux, la plus haute juridiction administrative s’est appuyée sur la directive européenne «oiseaux» de 2009 pour suspendre l’exécution d’un arrêté ministériel pris fin août qui autorisait cette chasse, une tradition du Sud-Ouest, «dans les départements de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques du 1er octobre au 20 novembre».

«Loisir mortifère»

L’arrêté affirmait que «l’objectif des chasses traditionnelles» est aussi «culturel». Mais pour le Conseil d’Etat, «l’objectif de préserver l’utilisation d’un mode de chasse constituant une pratique traditionnelle» ne justifie pas une dérogation à la directive européenne transposée dans le Code de l’environnement.

«La justice rappelle une nouvelle fois au gouvernement que la préservation de la biodiversité doit prévaloir sur un loisir mortifère, fût-il traditionnel, a affirmé dans un communiqué le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg. Cette décision est un désaveu cinglant», a-t-il ajouté.

Atteinte grave et immédiate

Depuis 2021, le Conseil d’Etat a dû se prononcer plusieurs fois sur des méthodes traditionnelles de chasses d’oiseaux que les associations de défense des animaux estiment illicites. Cette fois, l’exécutif estimait qu’un soin avait été accordé à la méthode des pantes pour ne capturer que «de petites quantités d’oiseaux» en respectant certaines règles.

Pour la LPO et l’autre association requérante, One Voice, c’est encore trop. Ils y voyaient «une atteinte grave et immédiate à une espèce en déclin dont les effectifs en France ont chuté de près de 25 % en vingt ans». «La LPO dénonce depuis plusieurs années l’acharnement du gouvernement à réintroduire des pratiques de piégeage archaïques déjà jugées non conformes au droit européen», a ajouté l’association. La chasse au tir reste autorisée.

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