Dans la nuit du 14 au 15 mars, deux loups descendent, l’un derrière l’autre, un vallon à Combovin, dans la Drôme. Ils traversent la cour d’une ferme. Tout près de là, deux louvetiers les observent à la caméra thermique. Un veau de 15 jours a été tué la veille dans l’exploitation si bien qu’un tir de défense a été autorisé. Ce soir-là, les agents bénévoles de l’Etat, avec leurs carabines équipées de lunettes à vision nocturne, guettent les canidés, souvent susceptibles de revenir se nourrir sur la carcasse de leurs proies. Tout s’enchaîne entre 23 h 11 et 23 h 19. «Tir déclenché à 10 m du parc. Animal blessé puis achevé 300 m plus loin. Le second loup est remonté par son trajet aller.»
Deux documents consultés par Libération, le «compte rendu de destruction» signé par le chef du service départemental de l’Office français de la biodiversité (OFB) de la Drôme et «la fiche d’intervention suivie des opérations de tir de défense contre le loup» remplie par les louvetiers à l’attention de la Direction départementale des territoires, éclairent les derniers instants de ce défunt pas comme les autres. C’est à la fois l’acte de décès officiel du loup de Valberg, l’épilogue d’un mystère vieux de cinq ans, et la preuve que le canidé le plus célèbre du pays – au cœur d’un




