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Au lac du Der-Chantecoq, le 6 novembre.Au lac du Der-Chantecoq, le 6 novembre. (Rémy Artiges/Libération)
Reportage

Hécatombe de grues cendrées causée par la grippe aviaire : en Champagne, «c’est sans précédent»

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Lors de leur migration vers le sud, 300 000 échassiers font halte chaque automne dans la réserve naturelle très prisée du lac du Der. Mais le virus H5N1 fait des ravages inédits, menace les élevages alentour et conduit à des mesures d’urgence.
ParJulie Renson Miquel
photo Rémy Artiges
publié le 11 novembre 2025 à 8h12

Un nuancier de rose et d’or perce les ténèbres en ce début novembre. Il est 7 heures du matin, au lac du Der-Chantecoq, une réserve naturelle à cheval entre la Marne et la Haute-Marne. Le soleil n’a pas encore fait son apparition que des nuées de grues cendrées s’élancent dans le jour naissant ; leur formation en V ondulant dans le ciel encore endormi. Ces majestueux échassiers de plus de 2 mètres d’envergure, convergent chaque année sur le Der, ce lac artificiel créé en 1974 pour réguler le niveau de la Seine et protéger la région parisienne.

«On est en pleine période de migration, chuchote l’ornithologue amateur et salarié de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Champagne-Ardenne Aurélien Deschatres. De mi-octobre à fin novembre, 300 000 grues cendrées environ qui nichaient en Suède, en Finlande, en Pologne, puis dans l

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