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Paul Watson va recevoir vendredi 28 novembre un visa visiteur pour rester en France et voyager librement

Le fondateur de Sea Shepherd, actuellement sans titre de séjour, pourra continuer son combat à travers le monde, sauf dans certains pays ayant des intérêts liés à la pêche, notamment le Japon.

Paul Watson à Belém au Brésil, 12 novembre 2025. (Anderson Coelho/REUTERS)
Publié le 21/11/2025 à 19h10

Le célèbre défenseur des baleines pourra rester en France. Paul Watson, qui vit dans l’Hexagone sans titre de séjour depuis sa libération des geôles groenlandaises en décembre 2024, doit recevoir, vendredi 28 novembre, un visa «visiteur» valable un an et renouvelable.

Contacté par Libération, son avocat Me Emmanuel Ludot se dit satisfait par la nouvelle et assure que son client est «soulagé». «Ce titre sécurise sa situation familiale à Marseille. En revanche, il ne le protège pas lorsqu’il repart à l’étranger pour son combat. Le statut de réfugié aurait été idéal : il lui assurait une protection totale dans tous les pays du monde, sauf le Japon, les Etats-Unis et le Canada, où il gêne le lobby de la chasse au phoque.»

Concrètement, son statut de visiteur lui permettra de voyager comme n’importe quel Français, avec une liberté totale de mouvement. «Mais cela ne l’éloigne pas du danger que posent les autorités japonaises, qui n’ont pas renoncé à leur mandat international», précise Emmanuel Ludot. En effet, même si Interpol a levé sa notice rouge, celle-ci peut être réactivée à tout moment. «Le Japon ne cédera jamais : il y a une véritable haine à son égard», poursuit son conseil, qui affirme que le pays a fait pression sur le Brésil, où Watson était invité pour participer à la COP30.

Pour se protéger, le fondateur de l’association Sea Shepherd avait déposé une demande pour être reconnu comme réfugié politique auprès de l’office français de protection des réfugiés et apatrides (l’Ofpra). «Elle lui a été refusée au motif que le Canada et les Etats-Unis, dont il a la double nationalité, ne figurent pas sur la liste des pays mettant en danger leurs ressortissants. Ce qui est faux, l’Amérique de Trump a clairement indiqué qu’elle livrerait Watson aux Japonais, et le Canada a tenu la même position», détaille Me Ludot.

Mesure exceptionnelle

Le militant écologiste n’avait pas souhaité faire appel de cette décision, tombée le 9 septembre. Son salut est finalement venu de plus haut. En juin, il avait rencontré Emmanuel Macron lors de la conférence sur les océans, à Nice, où le président s’était engagé à lui obtenir, ainsi qu’à sa famille, un titre pour rester en France. «J’ai effectué moi-même la demande auprès de l’Elysée. Sa conseillère aux affaires intérieures m’a appelé il y a un mois pour me confirmer que le président avait tenu parole», raconte Emmanuel Ludot, qui parle de «mesure exceptionnelle». La bonne nouvelle devrait se concrétiser vendredi 28 novembre dans les locaux de la préfecture de police de Paris, où Paul Watson recevra son précieux visa.

Ainsi, le militant pourra désormais voyager en sécurité pour continuer son combat en faveur du vivant. Seuls les déplacements vers les pays «à risques», comme la Norvège, le Danemark, le Groenland, les Etats-Unis et le Canada, des nations ayant des intérêts liés à la pêche, nécessiteront des vérifications particulières, précise Emmanuel Ludot. Désormais, l’objectif est de lui obtenir une carte de séjour de dix ans, «et nous continuerons les démarches en ce sens», promet son avocat.

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