Sous le faisceau de la lampe de bureau, jaillit le rouge brun des baguettes en bois de pernambouc, espèce endémique du Brésil. Elles seront bientôt métamorphosées en archets de violons, altos, violoncelles et contrebasses. Au mur de l’atelier, d’autres attendent de retrouver une seconde jeunesse entre les mains expertes d’Arthur Dubroca. Ses gestes, minutieux, sont presque les mêmes qu’au XVIIIe siècle, quand François-Xavier Tourte, le Stradivarius de l’archet, découvrit les incroyables caractéristiques de cet arbre exotique, reconnaissable à ses petites feuilles et à ses grandes fleurs jaunes ornées d’un unique pétale rouge.
Pourtant, l’inquiétude se lit sur le visage de l’artisan parisien. En juin, les autorités brésiliennes ont annoncé vouloir interdire tout commerce de pernambouc, après une première tentative en 2022. Elles espèrent faire entériner cette interdiction lors de la 20e Conférence des parties (COP) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), qui s’ouvre ce lundi 24 novembre à Samarcande,




