«A sec, à sec, à sec… Là ça va. Ici, à sec. Ici aussi à sec. Là, je ne passais pas en bottes, c’est plutôt bon signe.» Sur le capot de sa voiture, Laurent Tillon a déplié une carte des points d’eau du secteur et fait l’inventaire. Verdict : sur 30 mares, 20 n’ont plus d’eau. Du jamais-vu. Depuis bientôt vingt-cinq ans, ce biologiste de formation est chargé du suivi de la biodiversité en forêt de Rambouillet (Yvelines) pour le compte de l’Office national des forêts (ONF). Pour lui, une sécheresse aussi intense et aussi précoce en Ile-de-France, «c’est inédit. Même lors de la canicule de 2003, les mares avaient de l’eau jusqu’au milieu de l’été. Là, dès fin février, c’était la catastrophe».
La première mare que l’on visite, à l’ouest du massif forestier, est entièrement vide. Un cratère de 15 mètres de diamètre où subsiste une petite flaque d’eau. Dérisoire. «Voilà ce qu’ont permis d’apporter les dernières pluies» d’avril, se désespère Laurent Tillon, bottes en caoutchouc aux pieds et polaire aux couleurs de l’ONF sur le dos. Les précipitations de ces derniers jours, loin d’être suffisantes, ont mouillé la




