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Surpêche de maquereaux : le Royaume-Uni, la Norvège, l’Islande et les îles Féroé s’accordent sur un quota bien supérieur à celui de l’UE

L’Union européenne, qui a négocié des quotas de pêche à la baisse entre ses Etats membres afin de respecter la régénération de l’espèce, fustige ce mardi 23 décembre le «total admissible de captures» sur lequel se sont accordés les quatre territoires pour 2026, «72% supérieur aux recommandations scientifiques».

Les quotas sur lesquels se sont accordés les quatre territoires sont «72% supérieurs aux recommandations scientifiques». (Maxime Gruss/Hans Lucas.AFP)
Publié le 23/12/2025 à 14h35

Une décision qui ne passe pas. L’Union européenne a dénoncé ce mardi 14 décembre un accord de pêche conclu entre le Royaume-Uni, la Norvège, les Iles Féroé et l’Islande, susceptible de causer des «dommages irréversibles à la population de maquereaux» en Atlantique Nord, selon Bruxelles.

«Cette décision a été prise sans consultation préalable avec l’Union européenne», a déploré la commission dans un communiqué. Annoncé le 16 décembre, cet accord entre les autorités britanniques, norvégiennes, féroïennes et islandaises fixe «un total admissible de captures (TAC) de plus de 299 000 tonnes» de maquereaux en 2026, «soit 72 % de plus que les recommandations scientifiques», a déploré Bruxelles.

«Cela intervient alors que le stock est déjà en dessous des limites biologiques et risque de s’effondrer, aggravant ainsi le problème de la surpêche. Une exploitation aussi excessive menace de causer des dommages irréversibles à la population de maquereaux», a mis en garde la Commission européenne. «L’UE cherchera à obtenir des éclaircissements supplémentaires auprès des parties concernées et se tient prête à poursuivre de bonne foi des consultations intensives impliquant tous les Etats côtiers», a-t-elle ajouté.

En France, les représentants des pêcheurs avaient un peu plus tôt dénoncé la décision «unilatérale» et «inadmissible» du Royaume-Uni, de la Norvège, des Féroé et de l’Islande, des «Etats qui ne respectent pas les avis scientifiques», mais qui pourront pourtant exporter leurs produits vers l’UE.

Baisse drastique des captures de l’UE pour 2026

«Cet accord a été conclu sans l’Union européenne ni le Groenland, alors même que le maquereau est un stock partagé, par nature, entre l’ensemble des Etats côtiers concernés», a souligné le Comité national des pêches français, qui réclame des sanctions commerciales avec une limitation, voire une interdiction, des importations en provenance de ces pays.

Fuyant le réchauffement climatique, le maquereau de l’Atlantique a migré vers le nord pour se retrouver pris au piège de la surpêche, dans un contexte de désaccords géopolitiques.

Le 13 décembre, les pays de l’Union européenne s’étaient mis d’accord dans la douleur sur leurs quotas de pêche en 2026, avec une baisse drastique des captures de maquereaux de 70 % pour les six premiers mois de l’année, par rapport à l’année précédente. La France avait au passage réclamé des sanctions commerciales contre Royaume-Uni, Norvège, Iles Féroé et Islande, en les accusant de trop puiser dans la ressource, sans tenir compte des avis scientifiques.

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