C’est leur graal. Priés d’accélérer leur décarbonation, les poids lourds de l’industrie louchent sur une technologie encore balbutiante, le captage et stockage du CO₂ (souvent nommé CCUS, de son acronyme anglais pour captage, stockage et utilisation du CO₂). Il s’agit de récupérer le carbone à la sortie des usines (cimenteries, aciéries, chimie) puis de le transporter, par pipeline ou bateau, jusqu’à des cavités souterraines. Ou de le réutiliser comme matière première pour la production d’engrais, de produits chimiques, de carburants de synthèse, de matériaux de construction, de plastique, etc.
En France, des industriels y voient la solution à leur équation impossible : comment éliminer la part incompressible de leurs émissions de CO₂, celle intrinsèquement liée à la nature de leur activité et à la réaction chimique qu’elle produit ? «Pour achever la trajectoire de baisse des émissions, la capture de carbone est indispensable, estime le PDG du groupe cimentier Vicat, Guy Sidos. Les technologies sont identifiées, il est temps de passer à l’échelle industrielle.» Dans l’usine de ce groupe à Montalieu-Vercieu (Isère), un projet pilote vise à transporter le CO₂ jusqu’à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), pour l’enfouir sous la mer. D’autres ont été lancés comme sur le site sidérurgique d’ArcelorMittal à Dunke




