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Le Libé des animaux

«C’est difficile de préserver une espèce dont tout le monde se moque» : menacé d’extinction, le vison d’Europe ne tient plus qu’à un fil

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En France, ils ne sont plus que 250, nichés dans le bassin de la Charente. Dix spécimens ont été réintroduits cet été pour tenter de sauver l’espèce en voie d’extinction. Une opération de la dernière chance.

On dénombre moins de 1 500 visons d'Europe à l’échelle mondiale. (Claude Pauquet/Vu pour Libération)
ParAurore Coulaud
envoyée spéciale en Nouvelle-Aquitaine
Publié le 23/12/2025 à 17h12

Tous les articles du Libé des animaux, en kiosque les 24 et 25 décembre, sont à lire ici.

Il est si furtif que personne, ou presque, ne l’a vu à l’état sauvage. Petit mammifère carnivore au pelage marron foncé, tache blanche autour du museau et pattes arrière semi-palmées, le vison d’Europe est au bord de l’extinction. On en dénombre moins de 1 500 à l’échelle mondiale – uniquement en Europe –, dont moins de 250 en France, uniquement en Nouvelle-Aquitaine. Alors, pour tenter de sauver l’espèce, dix spécimens ont été réintroduits entre juillet et septembre, près de Cognac, dans les départements de Charente et Charente-Maritime. Une première en France, qui ressemble pourtant à une opération de la dernière chance.

Le lieu exact de ces lâchers est tenu secret. Il s’agit de ne pas déranger le petit mustélidé au corps mince et souple, à l’allure singulière, qui sautille le dos cabré, à la façon d’un accordéon. Le temps d’une matinée, Yoann Bressan, chargé de recherches petits et moyens carnivores semi-aquatiques, et son collègue Johan Gourvil, chargé de mission de recherche à l’Office français de la biodiversité (OFB), ont accepté de nous guider dans le «royaume du vison d’Europe». Cette fin octobre, à bord de leur Kangoo grise, le binôme a bravé

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