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Climat : à New York, le sommet des pays premiers de la classe contre le réchauffement

Cette réunion, qui pourrait être la plus importante depuis 2019, est orchestrée par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Si la France a été invitée, ni les Etats-Unis ni la Chine ne seront présents.

Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, lors de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies à New York, le 19 septembre 2023. (Mary Altaffer/AP)
Publié le 20/09/2023 à 12h54

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, réunit, ce mercredi 20 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, les pays les plus ambitieux dans la lutte contre le réchauffement pour un sommet visant à combler le fossé immense entre la gravité de la crise climatique et l’ampleur limitée des politiques des gouvernements. Cette réunion, qui rassemblera des représentants des Etats mais aussi des chefs d’entreprise, pourrait être le rendez-vous climatique le plus important aux Etats-Unis depuis 2019, lorsque la militante suédoise Greta Thunberg avait lancé aux dirigeants mondiaux son fameux «How dare you ?» («Comment osez-vous ?»)

Malgré la multiplication et l’intensification des événements météorologiques extrêmes, les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement continuent à augmenter et le secteur des énergies fossiles engrange des bénéfices records. Alors Guterres, le nouveau héraut de la cause climatique, a convoqué ce raout «du bon sens», au cours duquel les dirigeants invités doivent annoncer des actions spécifiques pour atteindre leurs engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris de 2015.

Un ticket d’entrée élevé

Mais le ticket d’entrée est élevé. Le secrétaire général a été très clair, seuls les plus ambitieux notamment en matière d’objectifs de neutralité carbone, «les acteurs susceptibles de faire bouger les lignes», auront le droit de s’y exprimer. «Il n’y aura aucune place pour les reculades, le greenwashing, l’esquive des responsabilités ou un remballage d’annonces des années précédentes», avait-il mis en garde en annonçant cette réunion fin décembre.

Après avoir reçu plus d’une centaine de réponses de pays justifiant de leur action, l’ONU a finalement publié, mardi soir, la liste des heureux élus. Elle comporte quelques absents de marque, dont les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre : les Etats-Unis, alors que le président Joe Biden sera encore à New York où il participe à l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, la Chine, dont le président n’a pas fait le déplacement, ou encore les Emirats arabes unis, pourtant pays hôte de la prochaine COP en décembre. Le Royaume-Uni n’est pas non plus prévu au programme, alors que son Premier ministre, Rishi Sunak, semble, à demi-mot, revenir sur l’objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

L’Union européenne exposera, elle, ses plans d’action sur le climat, tout comme le Brésil, le Canada, ou l’Afrique du Sud. Ainsi que la France, dont le président Emmanuel Macron n’est pourtant pas à New York, et de nombreux pays déjà victimes des conséquences du réchauffement, comme la Barbade, Samoa ou Tuvalu. Des acteurs institutionnels non étatiques, comme le gouverneur de Californie, le maire de Londres, le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale ont aussi été conviés.

La colère monte

Alors que la colère monte parmi les militants pour le climat, en particulier les jeunes, qui, le week-end dernier, sont à nouveau descendus par milliers dans les rues de New York lors d’une marche contre les énergies fossiles, les observateurs attendent avec impatience de voir ce que diront ce mercredi notamment les dirigeants du Canada et de l’Union européenne sur leurs propres ambitions mais aussi sur leurs engagements financiers pour aider les pays les plus vulnérables à faire face au réchauffement dont ils sont le moins responsables.

L’échec des pays riches à respecter leurs promesses d’aide aux pays en développement est un point particulièrement sensible des négociations climatiques internationales. Une controverse qui sera sans aucun doute à nouveau au menu de la COP28 dans quelques semaines. Au titre des bonnes nouvelles, la Colombie, qui participera au sommet, et le Panama, a rejoint mardi l’alliance des pays s’engageant à sortir du charbon.

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