Les chaleurs démentielles de 2025, qui pourrait être la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée selon le laboratoire européen Copernicus, n’ont pas épargné les océans : ils ont absorbé une quantité record d’énergie en 2025, révèle une étude publiée ce vendredi 9 janvier dans la revue Advances in Atmospheric Sciences. Un phénomène propice à l’élévation du niveau de la mer, aux tempêtes violentes et au dépérissement des coraux.
C’est la neuvième année d’affilée que la chaleur stockée par les océans atteint un record, a précisé à l’AFP Lijing Cheng, professeur à l’Institut de physique atmosphérique (IAP) de l’Académie chinoise des sciences (CAS) et auteur principal de cette analyse, publiée par plus de 50 scientifiques du monde entier.
La quantité totale de chaleur stockée dans les 2 000 premiers mètres des océans a ainsi augmenté d’environ 23 zettajoules en 2025, une quantité d’énergie équivalent à «douze bombes atomiques d’Hiroshima explosant chaque seconde de chaque jour de l’année», a souligné le chercheur.
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Régulateurs du climat, les océans absorbent environ 90 % de l’excès de chaleur provoqué par les émissions humaines de gaz à effet de serre. Pour ce calcul, les scientifiques s’appuient sur plusieurs séries de données reposant notamment sur le programme international Argo, constitué de 4 000 flotteurs dérivant sur toutes les mers du globe et plongeant jusqu’à 2 000 mètres de profondeur.
Les océans tropicaux en première ligne
Le réchauffement des océans contribue à l’élévation du niveau de la mer par dilatation thermique : lorsque la température de l’eau augmente, son volume croît également. Il renforce aussi les vagues de chaleur marines qui affaiblissent les coraux, et aggrave les phénomènes météorologiques extrêmes comme les pluies intenses ou les cyclones.
Ce réchauffement ne se fait pas de manière uniforme : certaines zones accumulent la chaleur plus vite que d’autres. Les océans tropicaux, l’Atlantique Sud, la Méditerranée, le nord de l’océan Indien et l’océan Austral figurent ainsi parmi les régions ayant absorbé des quantités record de chaleur en 2025.
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Le record de 2025 intervient alors que la température moyenne à la surface des mers, plus sensible aux variations de court terme, a légèrement reculé, tout en restant la troisième valeur la plus élevée jamais mesurée. Cette baisse s’explique par l’apparition de conditions de type La Niña, généralement associées à un refroidissement temporaire de la surface des océans. Sur le long terme, le rythme de réchauffement des océans s’accélère, en raison de l’augmentation continue des concentrations de gaz à effet de serre.
«La plus grande incertitude du système climatique n’est plus la physique, mais les choix que l’humanité fait», a déclaré à l’AFP Karina von Schuckmann, océanographe chez Mercator Ocean International et coautrice de l’étude, qui entrevoit encore des pistes d’espoir : «Une réduction rapide des émissions peut encore limiter les impacts futurs et contribuer à préserver un climat» favorable aux sociétés et aux écosystèmes.




