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Réchauffement climatique

L’année 2025 en passe d’être l’une des trois plus chaudes jamais enregistrées

L’observatoire européen Copernicus révèle ce jeudi 6 novembre que la température mondiale moyenne pour 2023-2025 devrait dépasser 1,5 °C. Une première sur trois ans.

Un lac artificiel asséché à Kallio, en Grèce, le 2 novembre 2025. ( Angelos Tzortzinis/AFP)
Publié le 06/11/2025 à 16h21

Il est pratiquement certain que 2025 sera la deuxième ou la troisième année la plus chaude jamais enregistrée, annonce le programme européen d’observation de la Terre Copernicus ce jeudi 6 novembre. Ainsi, 2025 sera peut-être à égalité avec 2023, actuellement la deuxième année la plus chaude, et derrière 2024, la plus chaude jamais enregistrée.

Si 2025 n’atteindra peut-être pas 1,5 °C au-dessus du niveau préindustriel, la température mondiale moyenne pour 2023-2025 devrait dépasser ce seuil, objectif le plus ambitieux à ne pas dépasser selon l’accord de Paris. Ce sera la première moyenne sur trois ans à dépasser 1,5 °C de réchauffement depuis le début des mesures.

Accélération du changement climatique

Avant l’ouverture ce jeudi de la conférence sur le climat à Belém, la COP30, le secrétaire général de l’ONU a affirmé que le seuil de + 1,5° serait inévitablement franchi, de manière pérenne, lors du siècle. «Le chemin vers un avenir vivable est de plus en plus ardu chaque jour. Mais il n’y a pas de raison d’abandonner», a aussi déclaré António Guterres mardi 4 novembre.

«Nous sommes désormais dans la décennie où la limite de 1,5 °C risque d’être dépassée, a même précisé Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat de Copernicus. Ce qui souligne l’accélération du rythme du changement climatique et l’urgence d’agir.»

Plus précisément pour octobre, la température moyenne sur le continent européen était de 10,19 °C, soit 0,6 °C au-dessus de la moyenne enregistrée entre 1991 et 2020 pour ce mois d’automne. Les anomalies les plus chaudes ont été mesurées au nord de l’Europe et dans le sud de la péninsule ibérique. A contrario, des températures plus fraîches que les normales ont principalement été observées dans le sud-est européen.

Plus largement, les températures ont été supérieures à la moyenne dans les régions polaires, en particulier dans le nord-est du Canada, le centre de l’océan Arctique et l’est de l’Antarctique. A l’inverse, il y a eu des anomalies négatives prononcées sur une grande partie du sud et de l’est de la Russie et de la Mongolie, ainsi que l’est du Kazakhstan et l’extrême nord de la Chine.

Des océans à 20,54 °C

Côté océans, la température moyenne de surface pour octobre 2025 était de 20,54 °C, soit la troisième valeur la plus élevée jamais enregistrée pour ce mois. Seulement 0,24 °C en dessous du record d’octobre 2023. De plus, le secteur européen de l’océan Arctique a connu des températures de surface bien supérieures à la moyenne, voire record, tout comme l’est de l’océan Indien, au large des côtes indonésiennes, pointe Copernicus.

Dans l’Arctique, l’étendue moyenne de la glace de mer en octobre était inférieure de 12 % à la moyenne, ce qui la classe au huitième rang des plus faibles pour ce mois. De l’autre côté du globe, dans la région antarctique, l’étendue mensuelle de la glace de mer a été la troisième plus faible pour un mois d’octobre, avec 6 % de moins que les normales.

Concernant les pluies, octobre 2025 a été plus humide que la moyenne dans le sud-est de l’Europe, en particulier dans les Balkans, en Norvège, en Suède, au Danemark, dans certaines parties du sud de la France, en Irlande et localement dans l’est de l’Espagne et les îles Baléares. A l’inverse, des conditions plus sèches que la moyenne ont été observées dans la majeure partie de la péninsule ibérique, le nord de l’Italie, l’Islande et le nord-est de l’Europe.

Ailleurs dans le monde, les régions où les conditions ont été plus humides que d’habitude comprennent l’ouest des Etats-Unis, le nord-ouest du Mexique et l’Alaska, ainsi que la péninsule coréenne, l’est de la Chine, le nord de l’Inde, le Népal, le sud de l’Australie et le sud du Chili. Mais des précipitations inférieures aux normales ont été observées dans l’est du Canada, le nord-est du Mexique, le nord de l’Afrique, la péninsule arabique, une grande partie de la Russie et l’est de l’Australie.

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