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Réchauffement climatique

Climatisation : selon l’ONU, la demande devrait tripler d’ici à 2050

Alors que les vagues de chaleur se multiplient, le Programme des Nations unies pour l’environnement alerte sur une forte augmentation de la demande d’appareils climatiseurs, et plaide pour des solutions moins polluantes.

A Churu, au Rajasthan, le 3 juin 2019. Trois milliards de nouveaux climatiseurs devraient être vendus dans le monde entre 2025 et 2050, selon les estimations de la fondation ClimateWorks. (Money Sharma/AFP)
Publié le 11/11/2025 à 16h38

C’est une solution qui aggrave le problème. Face à la multiplication des vagues de chaleur, la demande d’appareils de climatisation pourrait plus que tripler dans le monde d’ici 2050, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Dans son étude Global Cooling Watch 2025, publiée lundi 10 novembre en marge de la COP30 à Belém, au Brésil, révèle que cette augmentation devrait avoir lieu «si les tendances actuelles se maintiennent». En cause, «la croissance démographique et l’accroissement des richesses, la multiplication des épisodes de chaleur extrême et l’accès croissant des ménages à faibles revenus à des systèmes de refroidissement plus polluants et moins performants», souligne l’organisation. Trois milliards de nouveaux climatiseurs devraient être vendus dans le monde entre 2025 et 2050, selon les estimations de la fondation ClimateWorks.

«L’accès au refroidissement doit être considéré comme une infrastructure essentielle»

En conséquence, les émissions de gaz à effet de serre liées à la climatisation «doubleraient presque [en 2050] par rapport aux niveaux de 2022, atteignant environ 7,2 milliards de tonnes d’équivalent CO2 d’ici 2050», prévoit le PNUE.

Pourtant, «face à la multiplication et à l’intensification des vagues de chaleur meurtrières, l’accès au refroidissement doit être considéré comme une infrastructure essentielle au même titre que l’eau, l’énergie et l’assainissement», a souligné dans un communiqué Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE. Mais la climatisation «ne suffira pas» à elle seule «à résoudre la crise de la chaleur, car elle entraînerait une hausse des émissions de gaz à effet de serre et une augmentation des coûts».

«Solutions passives et à faible consommation d’énergie»

Ainsi, l’organisation recommande la généralisation de l’adoption de solutions dites «passives», comme l’occultation du soleil, les ventilations manuelles, la végétalisation ou une meilleure isolation, voire d’autres solutions telles que «le refroidissement basse consommation et le refroidissement hybride (combinant ventilateurs et climatiseurs à faible ou sans consommation d’énergie)». Près des deux tiers des réductions d’émissions possibles proviennent de ces solutions passives et à faible consommation d’énergie, «ce qui souligne l’urgence de les intégrer aux politiques nationales et à la planification urbaine», insiste le PNUE.

Ces solutions «économes en énergie et fondées sur la nature peuvent contribuer à répondre à nos besoins croissants en refroidissement et à protéger les populations, les chaînes alimentaires et les économies des effets néfastes de la chaleur, tout en poursuivant les objectifs climatiques mondiaux», selon Inger Andersen.

Elles permettraient selon l’organisation d’«améliorer l’accès au refroidissement pour trois milliards de personnes supplémentaires d’ici 2050», dont les personnes vulnérables et à faible revenu, mais aussi «d’économiser 17 000 milliards de dollars en coûts énergétiques cumulés d’ici 2050».

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