C’est une avancée majeure pour un tel consommateur de charbon. La Corée du Sud s’est engagée ce lundi 17 novembre à éliminer progressivement ses centrales électriques à charbon qui ne sont pas dotées de mesures de réduction des émissions. Une étape ambitieuse pour un pays qui génère un tiers de son électricité à partir de ce combustible fossile.
Séoul officialise, via cette annonce faite depuis le Brésil où se tient la COP30, son adhésion à la Powering Past Coal Alliance (PPCA) – un groupe de pays et d’organisations visant à éliminer le charbon comme source d’énergie. Les usines dites «sans captage» sont celles qui n’utilisent pas de mesures pour réduire leurs émissions, telles que les technologies – controversées – de captage et de stockage de carbone. Bahreïn, petit Etat pétrolier du Moyen Orient, a également rejoint la PPCA ce lundi.
«Transition juste et propre»
Cet engagement ne fixe pas de date pour la fin de l’utilisation du charbon sans captage en Corée du Sud. Mais c’est le premier engagement officiel du pays à cesser de construire de nouvelles centrales à charbon et à éliminer progressivement celles existantes. «Sur les 61 centrales électriques au charbon existantes [en Corée du Sud], 40 centrales sont destinées à être fermées d’ici 2040», a déclaré la PPCA dans un communiqué. Les 21 centrales restantes verront leur date de fermeture «déterminée en fonction de la faisabilité économique et environnementale», avec une feuille de route détaillée qui sera finalisée en 2026, a ajouté le groupe.
Climat
La quatrième économie d’Asie exploite actuellement le septième plus grand parc de centrales à charbon au monde et est le quatrième importateur mondial de charbon, selon la PPCA. Au total, les centrales actuelles sont responsables de 60 % des émissions du secteur électrique coréen, soit près de 156 millions de tonnes d’émissions de CO2. Avec cette initiative, la Corée du Sud veut «accélérer une transition énergétique juste et propre», a déclaré le ministre sud-coréen du Climat, de l’Energie et de l’Environnement, Kim Sung-Whan. «Nous allons amorcer notre sortie du charbon, et également aider l’Alliance à faire avancer la transition du charbon dans le monde entier», a ajouté Kim, présent à Belem. Cette transition «créera des milliers d’emplois dans les industries du futur», a-t-il affirmé.
Neutralité carbone d’ici 2050
La Corée du Sud a déjà commencé à réduire sa dépendance au charbon, puisque sa part dans la production d’électricité est tombée de 46,3 % en 2009 à 30,5 % en 2024, selon le centre de réflexion sur l’énergie Ember. Ce nouvel engagement s’appuie sur la promesse faite par Séoul en 2020 d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Pour cela, le gouvernement sud-coréen vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 53 à 61 % d’ici 2035 par rapport aux niveaux de 2018, en ligne avec les efforts mondiaux pour limiter le réchauffement à 1,5 degré.
Des dizaines de pays se sont engagés à se passer progressivement du charbon, mais la Corée du Sud est seulement le deuxième pays d’Asie à rejoindre la PPCA, après Singapour.




