Un coup d’accélérateur pour arracher un accord. Alors que la COP30, qui se déroule à Belém en Amazonie brésilienne, est entrée dans sa deuxième et dernière semaine, la présidence a annoncé ce lundi 17 novembre une réorganisation du programme des discussions pour «pouvoir continuer à travailler de nuit». La négociatrice en chef brésilienne, Liliam Chagas, a indiqué que les réunions dureraient aussi longtemps que nécessaire lundi soir, dans l’espoir de rapprocher les positions des différentes parties.
«Nous proposons d’achever une partie significative de notre travail d’ici demain soir, pour qu’une plénière pour le paquet politique de Belem puisse avoir lieu d’ici le milieu de la semaine», a dit le président de la COP, André Correa do Lago, dans une lettre communiquée lundi. «C’est super difficile», a-t-il reconnu devant la presse, «mais tous ceux qui sont concernés ont pensé que ça valait la peine d’essayer».
Reportage
«Retards tactiques»
Les négociations sont entravées par des sujets de blocage majeurs, dont la taxe carbone aux frontières européennes, déclarée non négociable par l’Union européenne (UE). Cette mesure vise à imposer aux importations dans l’UE un prix du carbone similaire à celui en vigueur sur le continent, où les entreprises payent déjà pour polluer. Plusieurs pays, dont les États-Unis et la Chine, y voient une mesure protectionniste déguisée. Il reste cinq jours aux ministres pour sortir de l’impasse. «Nous ne pouvons absolument pas nous permettre de perdre du temps à cause de retards tactiques ou d’obstructions», a lancé le chef de l’ONU Climat, Simon Stiell, dans un appel qui fait écho à d’autres similaires aux COP précédentes à mi-parcours.
La première semaine de consultations a montré qu’en plus des «mesures commerciales unilatérales», deux sujets bloquent encore les tractations. D’une part, les États insulaires, soutenus par des pays d’Amérique latine et les Européens, estiment évident que la COP doive appeler les pays à rehausser leurs engagements climatiques. Mais de grandes économies, de la Chine à l’Arabie saoudite, ne veulent pas d’une décision qui sous-entendrait qu’elles n’en font pas assez. D’autre part, de nombreux pays du Sud, notamment les pays africains, veulent rappeler aux pays développés l’insuffisance de leurs financements vers les pays en développement.




